
Chiang Mai s’apprête à franchir une nouvelle étape dans son projet de transport urbain : la construction d’une ligne de tramway électrique, baptisée « Red Line », destinée à fluidifier la circulation et à améliorer la qualité de l’air. Présenté hier par l’Autorité des Transports Rapides de Thaïlande (MRTA), ce projet s’inscrit dans la stratégie « Smart City » de la métropole du Nord.
Un vieux rêve de modernisation
L’idée d’un tramway à Chiang Mai n’est pas nouvelle. Depuis plus d’une décennie, plusieurs études et annonces ont été faites, sans jamais déboucher sur une réalisation concrète. Le projet « Red Line » marque donc une relance significative, avec un calendrier précis et une volonté affichée de passer à l’action.
Un tracé de cinq kilomètres
La ligne doit relier le carrefour Mae Hia Samakkhi au Royal Park Rajapruek, en longeant la route nationale 108 puis une voie rurale. Cinq stations sont prévues, dont deux équipées de parkings relais pour encourager les automobilistes à laisser leur véhicule. Les trams électriques circuleront sur rails posés le long des axes routiers, offrant une alternative plus rapide et plus sûre aux déplacements en voiture ou en moto.
Le projet reste donc très modeste dans son ambition. Avec seulement cinq kilomètres de rails prévus, il ne dessert pas le cœur historique de la ville ni les zones les plus congestionnées, mais circulera en périphérie. Autrement dit, il s’agit davantage d’un tronçon pilote que d’un véritable réseau structurant.
Ce choix de tracé montre que le projet n’a pas encore la capacité de transformer en profondeur la mobilité urbaine de Chiang Mai. Les habitants espéraient depuis longtemps un système de transport collectif qui soulage les embouteillages du centre-ville et réduise la pollution chronique.
Objectif : désengorger et dépolluer
Les autorités locales espèrent que le tramway réduira le nombre de trajets en voiture, limitant ainsi les émissions liées à la combustion des carburants. Dans une ville régulièrement asphyxiée par les embouteillages et la pollution saisonnière, l’impact environnemental est au cœur du projet. « Le Red Line doit contribuer à un développement urbain durable », a insisté Saroj T. Suwan, vice‑gouverneur de la MRTA.
Un partenariat public‑privé
Le financement sera assuré par un modèle de partenariat public‑privé (PPP). La sélection du partenaire privé est prévue pour 2027, la construction entre 2028 et 2031, et une mise en service en 2032. Une échéance encore lointaine, mais qui traduit une volonté de donner enfin corps à un projet longtemps resté dans les cartons.
Entre attentes et scepticisme
Pour les habitants, l’annonce suscite autant d’espoir que de prudence. Beaucoup rappellent que Chiang Mai a déjà vu passer plusieurs projets de transport collectif restés à l’état de promesse. Cette fois, les autorités assurent que le tramway verra le jour, porté par une stratégie nationale et des financements structurés.
Si le calendrier est respecté, le « Red Line » pourrait transformer la mobilité urbaine de Chiang Mai, offrant aux résidents et aux visiteurs une alternative moderne, écologique et durable. Mais pour l’instant, la population attend de voir si ce vieux rêve de tramway se concrétisera enfin.



