
Le gouvernement thaïlandais a officiellement annoncé que le référendum sur la Constitution se tiendra le 8 février 2026, en même temps que les élections générales. La décision, signée le 23 décembre par le Premier ministre par intérim Anutin Charnvirakul, a été publiée dans la Royal Gazette le 2 janvier, rendant la date officielle. Les électeurs devront donc glisser deux bulletins : l’un pour choisir le parti qui dirigera le pays, l’autre pour se prononcer sur la rédaction d’une nouvelle Constitution destinée à remplacer la charte actuelle.
Cette simultanéité vise à simplifier le processus électoral et à garantir une participation massive. Mais elle suscite déjà des inquiétudes. L’organisation iLaw, engagée pour la démocratie et les droits humains, redoute que de nombreux électeurs qui votent par anticipation soient exclus du scrutin constitutionnel. En effet, contrairement aux élections générales, le référendum doit se tenir strictement le même jour dans tout le pays, sans possibilité de vote anticipé.
Cela signifie que, pour les électeurs qui ne peuvent pas voter dans leur bureau habituel, le calendrier s’annonce particulièrement contraignant. Pour les élections législatives, ils doivent s’inscrire afin de participer au vote anticipé prévu le 1er février, en Thaïlande comme à l’étranger. Mais pour le référendum constitutionnel, la règle est différente : pas de vote anticipé possible. Les électeurs concernés doivent obligatoirement s’enregistrer entre le 3 et le 5 janvier, puis se rendre aux urnes le 8 février, jour unique du scrutin. Résultat : ces citoyens devront se déplacer deux fois, une première fois pour les législatives anticipées, une seconde pour le référendum, ce qui alimente les craintes d’une participation réduite sur un enjeu pourtant crucial pour l’avenir institutionnel du pays.
Un autre point délicat concerne la période d’inscription pour ces électeurs loin de chez eux qui voudraient voter au référendum. Fixée uniquement du 3 au 5 janvier, alors que le pays est encore en pleine célébration du Nouvel An, cette fenêtre extrêmement courte risque de prendre de nombreux citoyens de court. L’organisation iLaw alerte sur le fait que beaucoup pourraient ne pas être informés à temps et manquer l’occasion de s’enregistrer, ce qui pèserait sur la participation. Ce qui interroge, c’est que pour les élections générales, ces mêmes citoyens ont pu s’inscrire au scrutin anticipé du 20 décembre 2025 au 5 janvier 2026.
Ce double scrutin du 8 février marquera donc une journée décisive pour la Thaïlande. Les électeurs devront non seulement choisir leurs représentants politiques, mais aussi se prononcer sur la possibilité d’ouvrir une nouvelle page constitutionnelle. Un enjeu majeur qui pourrait redéfinir les équilibres institutionnels du pays, à condition que la participation soit au rendez-vous.



