Infographie Bangkok Biz
MàJ : toutes les stations-service ont déjà augmenté leurs prix.
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La Thaïlande se prépare à affronter une hausse brutale des prix de l’énergie, conséquence directe des tensions militaires entre l’Iran, Israël et les États-Unis. Les autorités redoutent un scénario similaire à celui de 2022, lorsque l’invasion de l’Ukraine par la Russie avait fait bondir le baril de brut à près de 140 dollars, plongeant le pays dans une crise énergétique coûteuse.
Le traumatisme de 2022
À l’époque, Bangkok avait dû puiser massivement dans le Fonds pétrolier pour subventionner les prix du carburant et du gaz domestique. L’Électricité Generating Authority of Thailand (Egat) et le géant pétrolier PTT avaient également été contraints de soutenir les tarifs de l’électricité, très dépendante du gaz naturel. La facture s’était élevée à 300 milliards de bahts, partiellement remboursés par les consommateurs via leurs factures.
Des mesures d’urgence déjà enclenchées
Cette fois, le ministère de l’Énergie n’attend pas que la crise s’installe. Dimanche, il a ordonné la suspension des exportations de produits raffinés et demandé aux agences concernées de préparer de nouvelles subventions via le Fonds pétrolier. La production de gaz dans le Golfe de Thaïlande doit être augmentée, tandis que les opérations de maintenance seront reportées. Les centrales au charbon et hydroélectriques tourneront à plein régime afin de réduire la dépendance au gaz.
Une économie vulnérable
Un haut responsable de l’énergie, sous couvert d’anonymat, a prévenu : « Les blessures de la guerre Russie-Ukraine viennent à peine de cicatriser. Si un nouveau choc survient, notre économie, déjà fragile, ne pourra pas encaisser. » Le pays souffre en effet d’un manque de pouvoir d’achat, ce qui rend toute flambée des prix encore plus douloureuse pour les ménages. Les citoyens rendraient immédiatement le gouvernement en place responsable de leur appauvrissement.
L’industrie en alerte
La Fédération des industries thaïlandaises (FTI) suit de près l’évolution du marché. Son président, Kriengkrai Thiennukul, a déclaré qu’il était trop tôt pour mesurer l’impact exact, mais que les entreprises attendent des mesures claires du gouvernement. Le Premier ministre par intérim, Anutin Charnvirakul, a convoqué une réunion d’urgence lundi pour anticiper les conséquences.
Le baril déjà en hausse
Le Brent a grimpé de 10 % en quelques jours, atteignant 82 dollars. Les analystes estiment que si l’Iran fermait le détroit d’Ormuz, ce qui semble être le cas, les prix pourraient franchir la barre des 100 dollars. Pour l’instant, la Thaïlande dispose de réserves de pétrole couvrant environ 60 jours, un répit temporaire face à une crise qui pourrait durer.
La Thaïlande, traumatisée par le précédent ukrainien, tente de se protéger avant que la tempête ne frappe. Mais si le conflit au Moyen-Orient s’enlise, le pays risque de revivre un choc énergétique dont il n’a pas encore totalement guéri. « L’homme malade de l’Asie » tomberait alors dans le coma.



