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Le Conseil national pour le développement économique et social (NESDC) a révélé que 3,4 millions de personnes, soit 4,9 % de la population, vivent désormais sous le seuil de pauvreté. Une progression qui contraste avec la légère croissance économique enregistrée et qui marque un retour en arrière par rapport à l’an dernier, où le taux était de 3,4 %. L’organisme met en garde : la pauvreté tend à devenir un problème chronique, particulièrement dans certaines provinces et secteurs.
Ces données figurent dans le rapport de suivi du 13e Plan national de développement économique et social (2023-2027). Après deux ans, les initiatives n’ont pas permis de réduire efficacement les disparités régionales. La répartition des opportunités économiques reste insuffisante pour enrayer la pauvreté, notamment dans les zones les plus touchées.
Durant la pandémie de Covid-19 (2019-2023), la pauvreté avait reculé grâce aux aides publiques et aux mesures de relance. Mais le NESDC souligne que 4,3 millions de personnes sont classées “quasi pauvres” : leurs dépenses dépassent à peine le seuil de pauvreté, les exposant à un risque élevé de basculer.
Certaines provinces, comme Pattani et Mae Hong Son, figurent depuis plus de 15 ans parmi les plus pauvres du pays. L’agriculture concentre la majorité des foyers concernés, avec un taux de pauvreté de 9,6 %. La plupart des personnes touchées n’ont pas dépassé le niveau primaire, à l’école.
Les ménages avec enfants de 6 à 14 ans sont particulièrement vulnérables, avec un taux de 8,7 %. Les coûts élevés et la baisse des opportunités pour les parents accentuent leur fragilité.
Jusqu’ici, les politiques ont surtout reposé sur des aides financières ponctuelles : extension des cartes de protection sociale, hausse des allocations pour enfants, subventions élargies. Le NESDC tente aussi d’améliorer l’intégration des données pour cibler plus efficacement les groupes vulnérables.
Les efforts menés pour réduire la pauvreté en Thaïlande rencontrent encore des blocages. Le problème principal est que les agences locales n’ont pas assez de motivation ni de moyens pour agir efficacement. Résultat : la pauvreté se transmet de génération en génération et reste difficile à éradiquer.
Le Conseil (NESDC) insiste donc sur la nécessité de changer d’approche. Plutôt que de distribuer de petites aides ponctuelles qui soulagent seulement à court terme, il recommande de mettre en place des mesures plus solides et durables. Cela passe par une meilleure organisation, des politiques structurelles et l’utilisation de données fiables pour cibler les vrais besoins. L’objectif est de s’attaquer aux causes profondes de la pauvreté, et non seulement à ses symptômes.
Source : NESDC, rapport publié en février 2026



