Moins 18 % par rapport aux objectifs initiaux.
Le tourisme, moteur essentiel de l’économie thaïlandaise, traverse une zone de turbulences en 2026. Entre tensions géopolitiques, flambée des prix du carburant et concurrence régionale accrue, les acteurs du secteur doivent revoir leurs ambitions et s’adapter à une conjoncture plus fragile.
La Tourism Authority of Thailand (TAT) a récemment abaissé ses prévisions : le pays n’attend plus que 30 à 34 millions de visiteurs étrangers cette année, soit 18 % de moins que l’objectif initial. Les marchés long‑courriers, comme l’Europe ou les États‑Unis, ralentissent, tandis que le coût du pétrole et les capacités aériennes limitées pèsent sur la demande. Même le tourisme domestique devrait reculer légèrement, avec 206 millions de voyages prévus, en baisse de 3 %. Face à cette situation, la TAT mise désormais sur une stratégie « value over volume », privilégiant la qualité des séjours et la dépense par voyageur plutôt que le nombre d’arrivées. Cette idée est évoquée chaque année, sans réel succès, car la Thaïlande reste une destination plus populaire qu’élitiste.
La crise énergétique frappe aussi de plein fouet le transport aérien. Thai AirAsia et Thai AirAsia X ont annoncé la suspension temporaire de plusieurs liaisons, aussi bien domestiques qu’internationales, entre avril et octobre 2026. Les compagnies expliquent que le prix du Jet A‑1 a bondi de 80 à plus de 140 dollars le baril, rendant certaines routes non rentables. Les passagers concernés sont invités à modifier leurs réservations ou à utiliser des crédits. Cette décision illustre la fragilité du secteur aérien, pilier indispensable du tourisme thaïlandais.
Pour limiter l’impact de la crise, l’Association des agents de voyages (Atta) encourage une réorientation vers six marchés accessibles en moins de six heures de vol : Chine, Corée du Sud, Taïwan, Malaisie, Singapour et Inde. L’idée est de développer un tourisme bilatéral, en valorisant aussi les 11 à 12 millions de Thaïlandais qui voyagent chaque année. Ce modèle d’échanges permettrait de réduire les risques liés à l’économie mondiale et de partager les coûts grâce à un trafic aérien équilibré. Atta organise déjà des roadshows ou expositions pour des partenariats ciblés afin de stimuler ces marchés.
La hausse du carburant affecte également les transports terrestres. À Phuket, plus de 4 000 chauffeurs de taxis et minibus ont annoncé une grève pour dénoncer des revenus insuffisants. À Khon Kaen, les songthaew réduisent leurs trajets, tandis qu’à Nakhon Ratchasima, les compagnies d’autobus interprovinciales enregistrent des pertes continues malgré une légère hausse des tarifs. Les opérateurs préviennent que sans soutien rapide de l’État, les services risquent d’être réduits, notamment durant Songkran.
Enfin, le tourisme thaïlandais s’invite même sur les terrains de football. West Ham United, en lutte pour éviter la relégation en Premier League, a signé un accord de sponsoring avec l’Office du tourisme de Thaïlande pour afficher le slogan « Amazing Thailand » sur ses maillots dès la saison 2026/2027. Mais la valeur du contrat, estimée à 10 millions de livres par an, dépendra du maintien du club dans l’élite.
Le tourisme thaïlandais doit composer avec une série de défis et devra s’adapter. Le secteur espère transformer la crise en opportunité pour bâtir un tourisme plus résilient et durable.



