Ancien mais pas immonde
Le marché immobilier de Bangkok connaît une mutation notable : de plus en plus de résidents privilégient les logements de seconde main ou anciens. Selon Krungthai Compass, la valeur des transferts dans ce segment est passée de 27 % en 2020 à 38 % en 2025, soit une hausse de presque 50 %.
Pourquoi ce choix ?
Trois facteurs principaux expliquent cette tendance :
- Des prix plus abordables : l’accessibilité est devenue un enjeu majeur alors que les revenus progressent moins vite que les prix des logements neufs.
- Une offre diversifiée : plus de 243 000 unités sont disponibles à la revente dans tout le pays, couvrant maisons individuelles et condominiums.
- Une demande réelle et soutenue : même en période de contraction du marché, le logement de seconde main continue de croître plus vite que le neuf.
Un marché sous pression
Depuis deux ans, le secteur immobilier thaïlandais traverse une “tempête parfaite” ou « situation explosive » : reprise économique limitée, endettement élevé des ménages et prêts non performants. À cela s’ajoute la perte de confiance dans les immeubles de grande hauteur après l’effondrement du bâtiment de la Cour des comptes lors du séisme du 28 mars 2025. Résultat : une contraction de -6,5 % des transferts en 2024 et de -15,8 % en 2025.
Pourtant, le segment de l’ancien résiste. Les ventes de maisons en lotissement sont passées de 35 % en 2020 à 41 % en 2025, tandis que les condominiums ont bondi de 15 % à 32 % sur la même période.
L’équation du pouvoir d’achat
Les prix des logements neufs augmentent en moyenne de 4,3 % par an, contre 2,8 % pour les salaires. Concrètement, un consommateur gagnant 30 000 bahts par mois en 2012 pouvait emprunter 2 millions de bahts. En 2025, avec 43 000 bahts mensuels, il peut obtenir 2,9 millions de bahts… mais les prix atteignent 3,5 millions. Le logement neuf devient hors de portée, le choix est vite fait.
Des prix plus bas
Les données de plus de 800 annonces montrent que les condominiums anciens se vendent 5 à 10 % moins cher qu’au moment de leur lancement. Exemple : le long de la ligne verte nord, un projet affiche aujourd’hui 133 000 bahts/m², contre 148 000 bahts/m² à l’origine.
Et demain ?
Avec une offre abondante et des prix plus accessibles, le logement de seconde main s’impose comme une alternative crédible. Pour les promoteurs, c’est un signal d’alarme : ignorer la question de l’accessibilité pourrait transformer ce segment en concurrent direct de leurs nouveaux projets.



