
Les « tarifs réciproques » sur la Thaïlande, qui entreront en vigueur le 9 avril, seront fixés à 37 %, selon une annexe du décret exécutif publié par le président Donald Trump. Bien qu’un graphique initial ait indiqué un taux de 36 %, il a été corrigé pour refléter le taux officiel. Cette mesure aura un impact significatif sur plusieurs secteurs économiques thaïlandais.
Les hausses de tarifs douaniers américains à 25 %, annoncées précédemment, affecteront principalement quatre catégories de produits : l’acier, les produits en acier, l’aluminium, ainsi que les automobiles et les pièces détachées automobiles. La valeur totale des exportations de ces catégories est estimée à 4,73 milliards de dollars en 2025, mais devrait diminuer à 4,08 milliards de dollars suite à ces augmentations, entraînant une perte de 650 millions de dollars.
Exemple encore plus emblématique, l’Association des exportateurs de riz thaïlandais craint que la Thaïlande perde son marché de riz parfumé Hom Mali aux États-Unis au profit du Vietnam, car le nouveau tarif réciproque de 36 % imposé par les États-Unis fera monter le prix du riz thaïlandais à environ 1 400 dollars la tonne, contre le prix actuel de 900 à 1 000 dollars la tonne, a déclaré le président de l’association, Chukiat Opaswongse. Il a souligné que le prix du riz parfumé vietnamien se situe actuellement entre 600 et 700 dollars la tonne et que, même si le Vietnam est confronté à un tarif réciproque de 46 %, le prix de son riz sera toujours bien inférieur à celui du riz thaïlandais. Les Américains ne semblent pas prêts à dépenser plus de 1000 dollars la tonne pour le Hom Mali thaïlandais.
Les tarifs douaniers pourraient également encourager un afflux de produits chinois sur le marché thaïlandais, notamment des machines, des meubles, des équipements électriques, de l’électronique et des textiles. La Chine cherche des marchés alternatifs pour ses exportations, ce qui pourrait intensifier la concurrence en Thaïlande.
Les pertes économiques thaïlandaises, combinées aux récents événements tels que le tremblement de terre, devraient atteindre 375 milliards de bahts, soit une baisse du PIB de 2,02 %. En conséquence, les prévisions de croissance du PIB pour cette année ont été réduites à seulement 1 %.
Dhanakorn Kasetrsuwan, président du Conseil national des transitaires thaïlandais (TNSC), a souligné que plusieurs industries seront affectées par ces hausses de tarifs. Le Conseil prévoit une influence sur les exportations au cours du 2e semestre de l’année et la croissance des exportations en 2025 en souffrira.
Pour relever ces défis, le Conseil propose d’accélérer les négociations avec les États-Unis, de promouvoir les investissements thaïlandais et d’augmenter les importations en provenance des États-Unis pour réduire l’excédent commercial. Il est également recommandé d’utiliser l’approche ASEAN+ pour renforcer le pouvoir de négociation de la Thaïlande.
Enfin, le Conseil appelle à des inspections plus strictes sur les marchandises chinoises importées pour éviter les contournements de la réglementation américaine. Des réformes dans la logistique et la facilitation des échanges sont également proposées pour améliorer la compétitivité et réduire les coûts, notamment en s’attaquant à la congestion portuaire et en améliorant les systèmes de guichet unique national.
Le Parti du peuple (PP) a déclaré qu’il soutenait le projet du gouvernement de lancer des négociations commerciales avec les États-Unis.