Chinois "trafiqués" arrêtés à Saraburi
Les arrestations se multiplient en Thaïlande et révèlent une constante : les réseaux criminels chinois restent très présents et actifs dans le royaume. Entre escroqueries numériques, trafic de migrants et fugitifs installés depuis des décennies, les autorités thaïlandaises font face à un défi transnational de grande ampleur.
Escroqueries en ligne et réseaux transfrontaliers
Le 6 février 2026, la police a arrêté trois ressortissants chinois dans le district de Chom Thong, à Bangkok. Identifiés comme Xin, Guoping et Ziyu, ils avaient fui la Birmanie après avoir travaillé pour des centres d’arnaques. Leur visa était expiré depuis plus de 360 jours. Quelques jours plus tôt, dans la province de Chanthaburi, sept autres Chinois ont été interceptés en tentant de franchir illégalement la frontière. Les forces spéciales ont saisi 59 téléphones, des cartes SIM et des scripts en chinois destinés à tromper les victimes.
Ces arrestations interviennent dans un contexte de pertes massives liées aux escroqueries numériques : entre 2022 et 2024, les victimes thaïlandaises ont perdu près de 79,57 milliards de bahts.
Réseaux de comptes bancaires “mules”
En janvier, la police a démantelé un gang thaïlandais travaillant pour un réseau dirigé par des Chinois. Les suspects ouvraient des comptes bancaires pour recevoir les fonds détournés. Parmi eux, Nattinee Burasun, 30 ans, coordonnait les transferts avec le cerveau chinois. L’enquête a révélé le rôle d’un Malaisien, Lee Yong Hann Jovan, convoyeur de fonds, désormais visé par une notice rouge d’Interpol. Les victimes, comme une retraitée de Pathum Thani, étaient manipulées par de faux policiers et contraintes de transférer plus de 1,4 million de bahts.
Migrants clandestins et filières organisées
Le 2 février 2026, trois Thaïlandais – Chakrapol, Jirawat et Krisada – ont été arrêtés dans la province de Saraburi pour avoir transporté 14 migrants chinois. Les passagers, dépourvus de passeports, avaient traversé le Mékong en bateau avant d’être convoyés vers Ayutthaya. Les chauffeurs ont reconnu avoir été payés 5 000 bahts par personne par un intermédiaire laotien.
Fugitifs de longue date
Le 9 février 2026, un fugitif chinois recherché depuis plus de trente ans a été arrêté à Bangkok. Mui Yui-kiang, 62 ans, était impliqué dans un meurtre commis en 1989 à Hong Kong. Il avait fui en Thaïlande en 1994, ouvert un restaurant dans le district de Nong Chok et fondé une famille. Interpol et la police hongkongaise ont permis de relancer l’enquête et de mettre fin à sa cavale.
Un défi régional
Ces affaires montrent que la Thaïlande est devenue une plaque tournante pour les réseaux criminels chinois, profitant des frontières poreuses et de complicités locales.
Entre escroqueries numériques, trafic de migrants et fugitifs installés depuis des décennies, les délinquants chinois restent très actifs en Thaïlande. Pour les autorités, l’enjeu est désormais de renforcer la coopération régionale et de restaurer la confiance des citoyens et surtout des touristes chinois face à une criminalité transnationale qui ne cesse de se réinventer.



