
La corruption continue de miner l’économie thaïlandaise et d’alourdir les coûts des entreprises, selon le dernier sondage de la Fédération des industries thaïlandaises (FTI). Réalisée en mars auprès de 645 dirigeants issus de 48 secteurs et 76 conseils provinciaux, l’enquête révèle que 85,7 % des patrons estiment que la corruption s’aggrave, tandis que plus de la moitié affirment qu’elle représente plus de 20 % de leurs coûts opérationnels.
Un problème structurel
Les causes les plus citées par les dirigeants sont la culture du patronage et les conflits d’intérêts (70,9 %), les failles juridiques et le manque d’application des lois (57,2 %), ainsi que le pouvoir discrétionnaire trop élevé des fonctionnaires (53 %). Près de la moitié dénoncent aussi l’ingérence politique dans l’administration. Pour la FTI, ces résultats pointent vers des problèmes structurels qui nécessitent des réformes profondes et urgentes.
Les formes les plus répandues
La corruption dans les marchés publics arrive en tête, avec 81,4 % des répondants évoquant des appels d’offres truqués ou des collusions. Suivent les pots‑de‑vin et sollicitations de faveurs (72,6 %), les politiques biaisées au profit de certains groupes (69,8 %), et le trafic d’influence dans les agences publiques (40,2 %). Autant de pratiques qui sapent la confiance et freinent la compétitivité.
Des coûts cachés, mais lourds
Le sondage montre que la corruption n’est pas seulement un problème de gouvernance : elle pèse directement sur les finances des entreprises. Plus de 55 % des dirigeants estiment que ces coûts dépassent 20 % de leurs dépenses totales, et près de 30 % les situent entre 11 et 20 %. Seule une infime minorité (0,9 %) affirme ne pas subir de charges liées à la corruption.
Les solutions proposées
Face à ce constat, les chefs d’entreprise réclament des mesures fortes :
- Réformes légales et application stricte des lois (64,5 %)
- Gouvernement numérique et données ouvertes pour réduire le « discrétionnaire » et accroître la transparence (60,2 %)
- Protection des lanceurs d’alerte (55,5 %)
- Surveillance plus transparente des politiques et projets publics (54,9 %)
La FTI insiste : seule une approche systématique et durable pourra restaurer la confiance, améliorer la compétitivité et bâtir une économie plus équitable. Pour les industriels, la corruption n’est plus un simple irritant, mais un véritable fardeau qui menace la croissance et l’avenir économique du pays.
Si les entrepreneurs locaux ne supportent plus la corruption endémique en Thaïlande, on devine que les investisseurs étrangers sont encore plus découragés par ces pratiques onéreuses et contestables.



