Durian (pas très propre) vendu à prix d'or au marché flottant de Damnoen Saduak.
Les marchés flottants font partie des images d’Épinal de la Thaïlande. Ces lieux pittoresques, où les vendeurs proposent fruits, souvenirs et plats locaux directement depuis leurs embarcations, attirent chaque année des milliers de visiteurs. Mais derrière les cartes postales, certains touristes découvrent une réalité moins idyllique : des prix exorbitants qui font régulièrement polémique.
Dernier exemple en date, le célèbre marché flottant de Damnoen Saduak, dans la province de Ratchaburi. Une omelette simple facturée 400 bahts (environ dix euros) et un riz sauté aux légumes affiché à 1 400 bahts ont déclenché un tollé sur les réseaux sociaux. Les autorités locales ont dû intervenir, rappelant que les pratiques abusives peuvent entraîner des amendes salées, voire des peines de prison. Le restaurateur mis en cause a reconnu des tarifs excessifs, expliquant qu’il devait couvrir des frais élevés de location, de personnel et même de transport des clients par bateau.
Ce n’est pas la première fois que Damnoen Saduak est pointé du doigt. Déjà, un pad thaï à 900 bahts avait suscité des critiques, obligeant le même établissement à revoir ses prix. Plus récemment, quatorze commerces ont été sanctionnés pour ne pas avoir affiché clairement leurs menus. Ces affaires rappellent que les marchés flottants, très fréquentés par les étrangers, concentrent les dérives les plus visibles.
Pour autant, il serait injuste de généraliser. La Thaïlande n’a pas la réputation d’être un pays où les arnaques sont monnaie courante. Dans la grande majorité des restaurants, marchés ou échoppes, les prix restent raisonnables et transparents. Les autorités veillent d’ailleurs à protéger l’image du pays, conscient que le tourisme est vital pour l’économie. Les contrôles se multiplient et les sanctions sont de plus en plus strictes.
Alors pourquoi les marchés flottants ? Parce qu’ils sont devenus des attractions incontournables, où l’afflux de visiteurs étrangers crée une tentation pour certains commerçants. Les touristes, souvent pressés et peu familiers des tarifs locaux, se retrouvent parfois piégés. Mais ces excès restent marginaux et ne doivent pas ternir l’expérience globale.
Enfin, notons que les marchés flottants sont bien souvent artificiels et relèvent davantage de l’attraction touristique que du témoignage d’un mode de vie local. Dans le Grand Bangkok, il existe de multiples lieux, plus authentiques que Damnoen Saduak, et loin des touristes où des marchands vendent leurs produits depuis leur barque, comme au wat Takien, Nonthaburi.



