
Un geste de désespoir a mis en lumière les difficultés quotidiennes des personnes handicapées dans les transports publics thaïlandais. Le 12 mars, un homme en fauteuil roulant a bloqué un bus après en avoir vu passer trois sans qu’aucun ne s’arrête pour lui. « Nous sommes tous des êtres humains, nous avons des responsabilités et du travail à faire », a-t-il déclaré, expliquant son choix de pousser son fauteuil au milieu de la route.
Une scène révélatrice
Selon la Mirror Foundation, qui a relayé l’incident sur Facebook, les bus circulaient les uns après les autres sans ralentir. Le passager handicapé a alors décidé de se placer devant un véhicule pour forcer le conducteur à le remarquer. « Prendre le bus ne devrait pas nécessiter du courage. Personne ne devrait risquer sa vie pour accéder aux transports », a-t-il ajouté.
Un quotidien semé d’obstacles
Les personnes handicapées réclament depuis longtemps des bus à plancher bas, censés faciliter l’accès. Mais dans la pratique, ces véhicules sont rares, mal adaptés ou les chauffeurs refusent de descendre pour aider. Résultat : beaucoup se sentent exclus d’un service censé être universel. « Nous allons au travail comme tout le monde. Nous voulons que l’on voie notre humanité », a insisté l’homme.
Appel à la solidarité
Le passager a également exhorté les citoyens à intervenir : « Ce que les gens ordinaires peuvent faire, c’est prévenir le conducteur. N’hésitez pas à parler pour nous. » Car souvent, les chauffeurs ne voient pas les personnes en fauteuil roulant, ou choisissent de les ignorer.
Réaction des autorités
Face à l’indignation suscitée par la vidéo, la société Thai Smile Bus a réagi en affirmant qu’elle n’avait « aucune politique de discrimination » et qu’elle s’engageait à offrir un service égal à tous. L’entreprise a promis une enquête et des sanctions si un employé était reconnu coupable d’avoir refusé l’accès à un passager handicapé. Thai Smile Bus avait même basé sa communication sur l’accessibilité de ses bus aux fauteuils.
Une exclusion systémique
Cet épisode illustre un problème plus large : dans de nombreuses villes thaïlandaises, les infrastructures restent peu accessibles. Escaliers sans rampes, trottoirs encombrés, absence d’ascenseurs dans les stations de métro… autant d’obstacles qui renforcent le sentiment que « les handicapés ne sont pas les bienvenus ».
Pour les associations, l’affaire doit servir d’électrochoc afin que les transports publics deviennent réellement inclusifs.



