
La Thaïlande prévoit une croissance économique limitée en 2026, estimée entre 1,5 % et 2,5 %, avec une prévision médiane de 2 %, selon le Conseil national de développement économique et social (NESDC). Cette progression modérée repose sur la reprise progressive du tourisme, une consommation intérieure en hausse et des conditions agricoles favorables.
Ces prévisions complètent celles de la Banque mondiale (1,6 %) et du gouvernement (2 %).
En Thaïlande, le Conseil national de développement économique et social apparaît comme l’institution la plus clairvoyante et la plus indépendante lorsqu’il s’agit d’analyser l’état du royaume dans toutes ses dimensions.
La consommation privée devrait croître de 2,1 %, portée par les ménages, tandis que l’investissement privé progresserait de 1,9 %. Les exportations de biens sont attendues en hausse de 2 % en valeur dollar, mais à un rythme plus lent qu’en 2025. L’inflation resterait faible, comprise entre une baisse des prix de 0,3 % et une augmentation de 0,7 %, ce qui reflète une stabilité. Le compte courant afficherait un excédent de 2,4 % du PIB, signe d’une balance extérieure relativement solide.
Le gouvernement prévoit également une augmentation des dépenses publiques, mais l’investissement global ralentirait à 1,8 %, en raison d’une baisse des décaissements d’investissement public après les mesures de relance de 2025.
En 2025, l’économie avait progressé de 2,4 % sur l’année, après 2,9 % en 2024. Le dernier trimestre avait été particulièrement dynamique, avec une croissance de 2,5 % sur un an et de 1,9 % par rapport au trimestre précédent. Cette performance s’expliquait par une consommation privée robuste (+3,3 %), un rebond des dépenses publiques (+1,3 %) et une forte hausse de l’investissement (+8,1 %), notamment public (+13,3 %).
Cependant, les exportations de services, liées au tourisme, avaient reculé. Les arrivées internationales avaient atteint 32,97 millions en 2025, soit une baisse de 7,2 % par rapport à 2024. Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration n’avait progressé que modestement (+0,6 % au quatrième trimestre), pénalisé par la diminution des visiteurs étrangers.
Avec une croissance annuelle autour de 2 %, la Thaïlande reste en retrait par rapport à ses voisins. Le Vietnam affiche des taux quatre fois supérieurs, tandis que la Malaisie et Singapour, des économies pourtant matures, avancent deux fois plus vite. Cette stagnation reflète deux décennies de turbulences politiques, une dette publique élevée, des inégalités persistantes et une population active en déclin.
Le NESDC insiste sur plusieurs axes :
- Maintenir la stabilité politique et économique après les élections.
- Accélérer les approbations d’investissements privés.
- Renforcer les exportations face aux incertitudes commerciales mondiales.
- Relancer plus rapidement le tourisme international.
- Améliorer l’accès au crédit pour les ménages et les entreprises endettés.
La Thaïlande entre en 2026 avec des perspectives prudentes. La reprise du tourisme et la consommation intérieure devraient soutenir l’activité, mais le pays reste confronté à des défis structurels qui freinent son potentiel. Pour retrouver un rythme comparable à ses voisins, il lui faudra conjuguer stabilité politique, réformes économiques et meilleure attractivité pour les investisseurs.



