
Le gouvernement thaïlandais a annoncé mardi une vaste réforme des visas, présentée comme un tournant pour le tourisme et l’accueil des étrangers. Mais à y regarder de plus près, il s’agit moins d’une révolution que d’une confirmation de mesures déjà introduites par le précédent cabinet, avec quelques ajustements.
La porte‑parole adjointe du gouvernement, Aiyarin Phanrit, a détaillé un paquet de dispositions censées renforcer l’attractivité du pays. Parmi elles, l’exemption de visa pour 93 nationalités jusqu’à 60 jours et l’élargissement du Visa on Arrival à 31 territoires. Or, ces facilités avaient déjà été mises en place en 2024. Le nouvel exécutif se contente donc de les entériner, en les inscrivant dans une stratégie officielle.
Même constat pour le Destination Thailand Visa (DTV), pensé pour les travailleurs à distance, et le Non‑Immigrant ED Plus, qui autorise les étudiants étrangers à travailler en parallèle de leurs études. Ces dispositifs existaient déjà, mais leur reconnaissance par le cabinet actuel marque une volonté de continuité, malgré une posture réputée plus réservée vis‑à‑vis des étrangers.
Concernant le visa Non‑Immigrant ED Plus, il était jusqu’ici conçu pour permettre aux étudiants étrangers de rester en Thaïlande une année supplémentaire après la fin de leurs études, afin de chercher un emploi. En revanche, il ne leur donnait pas le droit de travailler pendant leur cursus.
Or, la formulation utilisée par le gouvernement dans ses annonces de mardi laisse entendre que les étudiants pourraient désormais exercer une activité professionnelle tout en poursuivant leurs études. Cette interprétation marquerait un changement notable par rapport au cadre précédent.
Cependant, il reste possible que cette présentation soit avant tout une relecture mal comprise d’un dispositif déjà existant, et que la règle stricte interdisant le travail pendant les études demeure inchangée.
À moyen terme, le gouvernement prévoit de réduire le nombre de catégories de visas non‑immigrants de 17 à 7 d’ici août, et de poursuivre l’extension des services d’e‑visa à l’ensemble des ambassades et consulats. Là encore, il s’agit d’un processus déjà engagé par l’administration précédente.
Le rappel du lancement de la Thailand Digital Arrival Card (TDAC) et les projets d’élargissement du Visa on Arrival à huit nouveaux pays complètent le tableau. Les critères pour l’obtention de visas de retraité – longue durée devraient également être revus, sans que l’on sache ce que cela signifie.
Une lecture politique
Cette réforme apparaît donc comme une mise en cohérence rétroactive : le gouvernement actuel, moins ouvert que son prédécesseur, ne propose pas de nouvelles facilités spectaculaires. Mais en confirmant les mesures déjà en vigueur, il montre qu’il ne ferme pas la porte aux étrangers et envoie un signal de stabilité aux voyageurs, aux étudiants et aux investisseurs.
Pour les étrangers, le message est clair : la Thaïlande reste accessible, avec des procédures possiblement simplifiées et des opportunités encadrées. Pour le pays, c’est un pari sur la continuité, où l’accueil des visiteurs devient un outil de croissance, sans pour autant bouleverser l’équilibre politique.



