
Bangkok, 31 août 2026 — La Banque de Thaïlande (BOT) soutient pleinement le projet gouvernemental visant à renforcer la régulation du marché de l’or, un secteur jugé vulnérable aux flux financiers illicites. Le gouverneur Vitai Ratanakorn insiste : l’objectif n’est pas de lever des recettes fiscales, mais de rendre les transactions totalement traçables afin de couper les circuits « grey money » ou « mafieux ».
Aujourd’hui, le marché de l’or souffre d’un vide réglementaire. Si la BOT surveille certaines opérations numériques influençant le baht et les devises, une large part des échanges échappe à tout contrôle direct. Résultat : des capitaux suspects peuvent être convertis en or physique, puis transformés en dollars ou en actifs numériques comme l’USDT, brouillant les pistes pour les enquêteurs. L’USDT (Tether) est une cryptomonnaie dite stablecoin, indexée sur le dollar américain. « Ce qui nous inquiète, c’est la facilité avec laquelle l’argent sale peut passer du cash à l’or, puis de l’or aux devises », a déclaré Vitai.
Parmi les options étudiées figure une taxe symbolique sur les transactions. À titre d’exemple, avec un prix domestique avoisinant 70 000 bahts pour un baht d’or (15,24 g), un prélèvement de 0,1 % représenterait seulement 70 bahts. « L’impact financier serait minime pour les acheteurs honnêtes », souligne le gouverneur, « mais la valeur ajoutée en termes de visibilité des flux est capitale ». Le système fonctionnerait comme pour les actions : reçus obligatoires, identité des acheteurs, volumes et dates consignés.
Le ministère des Finances, par la voix de Vinit Visessuvanapoom, confirme travailler sur un cadre global. L’idée est de « relier les points » entre les plateformes financières, les flux de devises et les livraisons physiques. L’AMLO dispose déjà d’outils pour suivre les transactions en espèces, mais il manque un mécanisme spécifique pour tracer le lien direct entre capital liquide et or.
Face aux inquiétudes du secteur, qui craint un frein au rôle de hub régional de la Thaïlande, Vitai se veut rassurant : « Les entreprises respectueuses des règles n’auront aucun problème. Seuls ceux qui veulent rester invisibles seront affectés. » La BOT envisage même des alternatives à la taxe, comme l’obligation de journalisation systématique par les marchands agréés. La journalisation systématique désigne l’obligation pour les acteurs d’un marché (ici les marchands d’or agréés) de consigner chaque transaction dans un registre officiel.
Cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation des flux financiers et de modernisation de la régulation. En rendant le marché de l’or transparent, les autorités espèrent non seulement protéger l’économie contre le blanchiment, mais aussi renforcer la confiance des investisseurs internationaux.



