
Les autorités thaïlandaises de Mae Sot, dans la province frontalière de Tak, ont intercepté dimanche un camion-citerne transportant 20 000 litres de diesel, sur le point d’être acheminés clandestinement vers le Myanmar. L’opération, menée par un dispositif conjoint de militaires, policiers et douaniers, s’est déroulée dans le sous-district de Tha Sai Luat, à proximité de la rivière Moei.
Le véhicule, repéré grâce à un renseignement local, avait été modifié pour dissimuler sa cargaison. À bord, le chauffeur et un ressortissant birman ont reconnu que le carburant devait franchir la frontière en direction de Myawaddy, une zone connue pour ses casinos et ses trafics. La fouille d’un entrepôt voisin a permis de découvrir des réservoirs et des centaines de conteneurs de diesel, confirmant l’existence d’un réseau organisé.
Cette saisie illustre la pression croissante sur les districts frontaliers, où les pénuries de carburant se multiplient. À Mae Sot, les files de véhicules s’étendent sur plusieurs kilomètres devant les stations-service, qui épuisent leurs stocks en quelques heures. Les habitants, d’abord persuadés que le camion livrait du carburant aux stations locales, ont rapidement compris qu’il se dirigeait vers une zone isolée sans infrastructure, et ont alerté les autorités.
Le gouverneur de Tak, Chusak Rooying, a ordonné un renforcement des patrouilles et des contrôles afin de contrer les réseaux de contrebande. Il a également appelé la population à signaler toute activité suspecte, qu’il s’agisse de stockage illégal ou de tentatives d’exportation clandestine. Les autorités locales estiment que ces trafics aggravent les difficultés d’approvisionnement déjà ressenties par les cinq districts frontaliers, accentuant la colère des automobilistes et des commerçants.
La lutte contre la contrebande de carburant est devenue une priorité stratégique pour la province, confrontée à une double pression : la demande croissante au Myanmar, où les stations sont à sec, et la fragilité de l’approvisionnement côté thaïlandais. Les saisies répétées témoignent de l’ampleur du phénomène et de la nécessité d’une coopération renforcée entre forces de sécurité et communautés locales.
Cependant, les fraudes existent aussi dans d’autres provinces. Ainsi, les autorités thaïlandaises ont porté plainte contre une entreprise d’Ang Thong accusée d’avoir stocké illégalement 331 000 litres de carburant. L’affaire a éclaté après une descente de la police de protection des consommateurs dans un dépôt de la ville, où du diesel était vendu à 40,50 bahts le litre. Les enquêteurs ont découvert d’importantes réserves sans justificatifs de coûts ni documents de transport. Selon le chef provincial de l’énergie, les livraisons prévues pour Bangkok auraient été détournées vers Ang Thong. L’entreprise est poursuivie pour violation de la loi sur le commerce des carburants, une infraction passible d’un an de prison et/ou d’une amende de 100 000 bahts.
Avec ces opérations, les autorités espèrent envoyer un signal fort aux réseaux de trafiquants. Mais pour les citoyens, la question reste entière : comment garantir un accès régulier au carburant alors que les stations s’épuisent et que les trafics siphonnent une partie des ressources ?



