
Bangkok — La Thaïlande se félicite d’avoir atteint une croissance de 2,4 % en 2025 et d’espérer environ 2 % en 2026. Le gouvernement présente ce chiffre comme une réussite, mais les économistes rappellent qu’il reste extrêmement faible pour une économie de cette taille. Le pays peine à retrouver son potentiel estimé à 3 %, alors que ses voisins affichent des performances bien supérieures : Vietnam (+6,4 %), Philippines (+5,3 %), Indonésie (+5,1 %). Cette reprise timide repose surtout sur des dépenses publiques massives, un modèle malsain difficilement soutenable à long terme.
Les experts soulignent que la Thaïlande souffre de problèmes structurels persistants : consommation des ménages limitée, exportations en recul, dette élevée et dépendance aux investissements étrangers. Pour sortir de ce piège, il faudrait des réformes profondes : accords de libre‑échange, simplification réglementaire, lutte contre la corruption, soutien aux PME et formation aux nouvelles technologies. Sans cela, le pays risque de rester durablement le “malade de l’Asie”.
Le surnom de “homme malade de l’Asie” colle désormais à la Thaïlande. Les milieux économiques s’inquiètent d’un système politique où les ministres sont souvent nommés par quotas partisans plutôt que par compétence. Les industriels dénoncent une instabilité chronique et une corruption endémique qui freinent la compétitivité.
Certes, l’économie a montré un léger rebond au dernier trimestre 2025, mais ce sursaut reste fragile. Les observateurs rappellent que la Thaïlande ne parvient à dépasser les 2 % de croissance qu’au prix d’un soutien budgétaire massif. La consommation reste faible et la population vieillit rapidement, réduisant la main‑d’œuvre disponible.
À l’inverse, le Vietnam a modernisé son agriculture, réformé son administration et engagé une lutte active contre la corruption. Ses universités progressent dans les classements internationaux, tandis que la Thaïlande recule. Les experts estiment que le royaume doit combiner mesures de relance et réformes structurelles pour retrouver son potentiel.
Deux économistes avertissent : le PIB du Vietnam pourrait dépasser celui de la Thaïlande d’ici deux ans. Déjà à plus de 400 milliards de dollars, l’économie vietnamienne rattrape rapidement les 500 milliards thaïlandais. Avec une population de 100 millions d’habitants contre 66 millions en Thaïlande, et des flux d’investissements étrangers plus élevés, Hanoï dispose d’un avantage démographique et économique.
La Thaïlande reste bloquée autour de 7 000 dollars de revenu par habitant, loin des 15 000 de la Malaisie. Les politiques populistes, centrées sur des aides ponctuelles, ne répondent pas aux besoins réels de compétitivité. Les observateurs dénoncent un manque de vision : les campagnes électorales parlent de subventions et de prix agricoles, mais jamais de réformes structurelles.
Le Vietnam, lui, a su améliorer sa compétitivité agricole, réduire ses dépenses publiques et renforcer la transparence. Ses ports et infrastructures surpassent désormais ceux de la Thaïlande. Les experts estiment que si Bangkok ne s’attaque pas rapidement à la corruption, à la modernisation de son système éducatif et à l’innovation, le pays risque d’être durablement distancé.
Et pourtant, le royaume compte des économistes et hommes politiques de talent comme Srettha Thavisin, mais la « justice » a choisi de l’évincer alors qu’il était Premier ministre en 2024.
L’ancien Premier ministre thaïlandais Srettha Thavisin a présenté dans le Financial Times sa vision pour relancer l’économie du pays, attirant l’attention internationale. Il estime que les mesures de relance passées n’ont pas réglé le problème central : la spirale de l’endettement des foyers. Il propose un “grand reset” via des sociétés de gestion d’actifs capables de racheter les prêts non performants, afin de redonner du souffle à la consommation.
Son plan inclut aussi un volet infrastructures avec un axe ferroviaire nord‑sud et un projet de “land bridge” reliant l’Andaman au golfe de Thaïlande. Il plaide pour une modernisation des règles dans l’énergie verte, permettant aux investisseurs d’acheter directement de l’électricité propre. Enfin, il insiste sur la nécessité d’améliorer l’environnement des affaires, afin d’attirer davantage d’investissements.
Malgré les défis, Srettha reste optimiste : avec ses atouts en matière de climat, de santé, de gastronomie et de bien‑être, la Thaïlande peut redevenir un acteur majeur si elle engage les réformes nécessaires.



