
Alors que la Thaïlande s’efforce de rapatrier ses ressortissants pris dans le conflit au Moyen-Orient, trois marins restent portés disparus à bord du cargo Mayuree Naree, immobilisé près du détroit d’Ormuz. Leur sort inquiète les familles et met en lumière la vulnérabilité des travailleurs thaïlandais face aux tensions régionales. Ces trois hommes semblent être passés par « pertes et profits ».
Le ministère des Affaires étrangères a confirmé lundi que le corps de Chaiwat Waewnil, un ouvrier agricole de 33 ans tué en Israël lors des frappes iraniennes du 18 mars, sera rapatrié après le 27 mars, lorsque les vols commerciaux reprendront. Dans le même temps, quatre travailleurs thaïlandais employés dans une ferme de crevettes à Bandar Abbas, au sud de l’Iran, ont pu être évacués par voie terrestre vers la Turquie avant de regagner Bangkok.
Les autorités thaïlandaises appellent leurs ressortissants au Moyen-Orient à évacuer. Le ministère des Affaires étrangères recommande aux citoyens de rester en contact avec les ambassades, de s’enregistrer et de se préparer à un départ rapide.
Mais l’attention se concentre désormais sur les trois marins du Mayuree Naree. Le navire, attaqué début mars par les forces iraniennes, a vu vingt membres d’équipage secourus par la marine omanaise. Les trois autres, restés à bord, n’ont toujours pas été retrouvés. Le cargo aurait dérivé vers les eaux iraniennes, compliquant toute opération de sauvetage. Bangkok a sollicité l’aide de l’Iran et d’Oman pour garantir leur sécurité, mais les autorités reconnaissent que la situation est délicate en pleine escalade militaire.
Le ministre des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, a multiplié les contacts diplomatiques avec ses homologues du Golfe et d’Iran. Il a insisté sur le fait que la Thaïlande n’est pas partie prenante au conflit et que ses navires commerciaux transportent uniquement des marchandises civiles.
Pékin, Abu Dhabi, Bahreïn et Amman ont déjà apporté leur soutien à l’évacuation des ressortissants thaïlandais, mais le dossier des trois marins reste en suspens. À Mae Sot ou à Bangkok, les familles des disparus vivent dans l’angoisse. Elles réclament des informations précises et un engagement clair des autorités pour obtenir leur retour. Pour elles, chaque jour qui passe sans nouvelles est une épreuve supplémentaire.
Au-delà du drame humain, cette crise illustre la dépendance de la Thaïlande à ses travailleurs expatriés et aux routes maritimes stratégiques du Moyen-Orient. Bangkok a demandé un passage sécurisé pour ses cargos à travers le détroit d’Ormuz, soulignant que ses navires ne participent en rien au conflit. Mardi, deux bateaux thaïlandais auraient été autorisés à franchir le détroit.
Pendant ce temps, la société nationale NT assure que les câbles sous-marins reliant la Thaïlande à l’international ne sont pas affectés. Les services internet restent stables, malgré les risques de perturbations liés aux attaques dans la région.



