
La pêche thaïlandaise traverse l’une des pires crises de son histoire récente. Les opérateurs préviennent que plus de 30 % des bateaux sont déjà immobilisés et que les autres pourraient s’arrêter d’ici au 30 mars si les pénuries de diesel persistent. Dans les ports de Samut Sakhon, les représentants de l’industrie tirent la sonnette d’alarme : sans intervention rapide du gouvernement, c’est tout un pan de l’économie qui risque de s’effondrer.
Des bateaux cloués au port
Le prix du diesel, vital pour les flottes de pêche, a flambé ces dernières semaines. Résultat : des centaines de navires restent à quai, incapables de financer leurs sorties en mer. Les transporteurs de produits de la mer et les usines de transformation sont directement touchés, faute de matières premières. Plus de 100 000 emplois pourraient disparaître si la situation ne s’améliore pas.
Effet domino sur l’alimentation
La crise ne se limite pas au poisson. Le secteur de l’élevage est menacé, car la farine de poisson, essentielle pour l’alimentation animale, se raréfie. Les prix de la viande et des aliments pour bétail pourraient grimper, accentuant la pression sur les consommateurs. Les opérateurs réclament un accès rapide à un carburant plus abordable, comme le biodiesel B20, ou un plafonnement des prix du diesel.
Les pêcheurs côtiers en détresse
Narupol Lertpanyaroj, député du People’s Party, alerte sur la situation des communautés côtières. Beaucoup de petits bateaux ont déjà cessé leurs activités, incapables de supporter les coûts. Il demande au gouvernement d’autoriser les pêcheurs et agriculteurs à acheter du carburant en bidons grâce à leurs cartes professionnelles, afin de contourner les longues distances jusqu’aux stations-service.
Une hausse brutale des prix
Le 24 mars, les prix des carburants ont encore bondi : +2 bahts par litre pour l’essence et +1,80 baht pour le diesel. À Bangkok, le diesel standard atteint désormais près de 33 bahts le litre, tandis que les carburants premium dépassent les 46 bahts. Cette flambée est directement liée à la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite plus de 20 % du pétrole mondial. La Thaïlande, qui dépend du Moyen-Orient pour la moitié de ses importations, se retrouve en première ligne.
Un impact macroéconomique lourd
Selon Tisco Financial Group, une hausse de 10 % du prix du brut pourrait réduire la croissance du PIB de 0,3 – 0,4 point et augmenter l’inflation de près de 0,8 %. Le Fonds de stabilisation des carburants, qui subventionne actuellement le diesel à hauteur de 20 bahts par litre, brûle 1,3 milliard de bahts par jour et ne tiendrait qu’un mois sans financement supplémentaire.
Le gouvernement sous pression
Face à l’urgence, les autorités doivent arbitrer entre la protection des consommateurs et la soutenabilité budgétaire. Les opérateurs de pêche réclament des mesures immédiates, tandis que les économistes redoutent un effet boule de neige sur l’ensemble de l’économie.
Une mer agitée pour la Thaïlande
À quelques jours de la date fatidique du 30 mars, l’industrie de la pêche, l’un des piliers de l’économie du pays, menace de s’arrêter net. Derrière les chiffres, ce sont des milliers de familles de pêcheurs, d’ouvriers et de commerçants qui risquent de perdre leurs revenus.
Enfin, sur le fleuve, la compagnie Chao Phraya Express Boat est étranglée par la flambée du diesel, acheté à 35 bahts le litre, bien au‑delà du seuil de viabilité fixé à 32 bahts. Son directeur prévient qu’elle pourrait réduire ou suspendre ses services. La fréquentation baisse aussi, entre télétravail imposé et concurrence du rail subventionné. Malgré tout, les tarifs restent inchangés — 16 bahts pour les navires arborant le drapeau orange, 21 bahts pour le jaune — mais leur maintien devient de plus en plus difficile.



