
La pêche thaïlandaise traverse une zone de turbulences. Selon Mongkol Sukcharoenkana, président de l’Association des pêcheurs thaïlandais, près de 4 500 navires sur les 9 000 que compte le pays pourraient rester à quai dans les prochaines semaines. En cause : une pénurie de diesel et une hausse attendue des prix qui rendraient les sorties en mer financièrement intenables pour de nombreux propriétaires.
Le poids de la guerre au Moyen-Orient
La crise énergétique mondiale, aggravée par le conflit au Moyen-Orient, perturbe l’approvisionnement en carburant. Le diesel dit « vert », réservé au secteur de la pêche et bénéficiant d’une exonération de taxe d’accise de six bahts par litre, risque de voir son quota réduit de moitié. Pour Mongkol, cette baisse combinée à une hausse des prix pourrait être fatale aux petits pêcheurs.
Chaque navire commercial consomme entre 700 et 1 000 litres de diesel par sortie. Une augmentation de 10 bahts par litre représenterait un surcoût de 7 000 à 10 000 bahts à chaque fois, une somme insoutenable pour les équipages les plus fragiles.
Des conséquences directes sur les prix des produits de la mer
Le président de l’Association prévient : si les bateaux restent à quai, les prix des fruits de mer vont s’envoler. Les pêcheurs côtiers, déjà pénalisés par certaines stations-service qui refusent de remplir les bidons, seraient les premiers touchés. Les consommateurs pourraient rapidement voir le coût du poisson et des crustacés grimper sur les marchés.
Un appel au gouvernement
Face à cette situation, les représentants du secteur ont demandé une rencontre avec le ministre des Transports, Phiphat Ratchakitprakarn, également responsable du centre de gestion de la crise au Moyen-Orient. L’objectif : obtenir le maintien du prix du diesel pour la pêche à 30 bahts par litre, niveau jugé supportable pour la majorité des propriétaires de bateaux.
Actuellement, le prix est gelé à ce seuil, mais une révision est attendue dans les prochains jours. Si la hausse se confirme, elle pourrait paralyser une partie de la flotte nationale et fragiliser un secteur vital pour l’économie et l’alimentation du pays.
La pêche thaïlandaise, déjà confrontée à des défis environnementaux et réglementaires, voit désormais son avenir menacé par une crise énergétique mondiale.
Entre ports immobilisés et prix alimentaires en hausse, le pays s’apprête à mesurer l’impact direct d’un conflit lointain sur ses assiettes et ses marchés.



