
Les exportations thaïlandaises pourraient connaître un sérieux coup de frein en 2026. Le ministère du Commerce a averti que le pays fait face à des risques importants, avec un scénario pessimiste prévoyant une contraction de 3,1 % si les tensions commerciales s’aggravent et si l’économie mondiale ralentit davantage.
La ministre du Commerce, Suphajee Suthumpun, a rappelé que 2025 devrait se terminer au‑delà des attentes, avec une croissance des exportations comprise entre 10,7 % et 11,4 %, soit plus de 332 milliards de dollars. Mais l’année suivante s’annonce beaucoup plus incertaine. Le ministère a établi trois trajectoires possibles.
Scénario optimiste : +1,1 %
Dans le meilleur des cas, les exportations progresseraient légèrement pour atteindre 337,6 milliards de dollars. Ce scénario repose sur une reprise plus rapide que prévu des principaux partenaires commerciaux — États‑Unis, Chine, ASEAN, Europe et Japon — et sur une absence d’escalade des mesures protectionnistes américaines. Il suppose aussi que les investissements relocalisés en Thaïlande commencent à porter leurs fruits, notamment dans les composants électroniques, l’IA et les industries liées aux véhicules électriques.
Scénario central : –1 %
Le ministère estime toutefois que le scénario le plus probable reste une baisse de 1 %, autour de 330,6 milliards de dollars. Après une année 2025 exceptionnellement forte, les commandes devraient se normaliser. Beaucoup d’importateurs ont anticipé leurs achats cette année, craignant de futures hausses tarifaires, ce qui laisse des stocks élevés pour 2026. À cela s’ajoutent un ralentissement de l’économie mondiale, un baht sous pression haussière et la baisse des prix du pétrole, qui réduit mécaniquement la valeur des exportations liées à l’énergie.
Scénario pessimiste : –3,1 %
Le pire cas envisagé verrait les exportations chuter à 323,6 milliards de dollars. Une intensification des barrières commerciales américaines perturberait les chaînes d’approvisionnement mondiales, tandis qu’un ralentissement plus marqué aux États‑Unis et en Chine accentuerait la pression. Un baht plus fort rognerait encore les marges des exportateurs, et la baisse des prix des matières premières réduirait la valeur globale des ventes.
Malgré ces risques, Suphajee souligne que les exportations devraient tout de même générer près de 92 milliards de bahts supplémentaires par rapport à 2024, soit environ 0,46 % du PIB. Une maigre consolation dans un contexte où la Thaïlande devra naviguer entre volatilité économique mondiale, tensions commerciales et concurrence régionale accrue.


