
Phuket, prétendue vitrine touristique de la Thaïlande, est aujourd’hui confrontée à une crise des déchets qui menace son image et son environnement. Chaque jour, l’île produit 1 200 tonnes de détritus, alors que son unique incinérateur n’en traite que 700 tonnes. Le surplus est déversé dans la décharge de Saphan Hin, déjà saturée avec 1,2 million de tonnes accumulées .
Une crise qui s’aggrave
Lors des pics de fréquentation touristique, les volumes explosent : jusqu’à 1 400 tonnes par jour selon les projections de 2025 . Pour contenir l’excédent, les autorités ont rouvert des cellules de décharge, provoquant des nuisances olfactives et des protestations des riverains. Les déchets plastiques et organiques s’entassent, menaçant la santé publique et les écosystèmes marins.
L’incinérateur en attente
Un second incinérateur est prévu à Saphan Hin, mais son lancement est retardé par des lenteurs administratives. Le gouverneur Nirat Pongsitthithavorn dénonce des blocages dans plusieurs agences de l’État, sans préciser lesquelles. Résultat : la mise en service n’est pas attendue avant deux ans . Même achevé, ce projet ne suffira pas à absorber la totalité des déchets, selon la municipalité de Phuket . Un troisième incinérateur est évoqué à plus long terme, mais reste à l’état de plan. Vu la précipitation toute relative autour du deuxième incinérateur, l’idée d’un troisième relève presque de la chimère.
Un imbroglio bureaucratique
Le dossier illustre les contradictions de la gouvernance locale : d’un côté, Phuket dépend du tourisme international et doit préserver son image de paradis balnéaire ; de l’autre, les procédures d’approbation environnementale et industrielle ralentissent les solutions urgentes. Les autorités locales plaident pour une meilleure coordination et des incitations financières afin d’encourager le tri sélectif. Mais les résultats restent limités.
Une menace pour l’avenir
Si rien n’est fait rapidement, la crise des déchets risque de ternir durablement la réputation de Phuket. Les plages et les récifs coralliens, déjà fragilisés par le tourisme de masse, pourraient subir une pollution accrue. Les habitants, eux, voient leur quotidien affecté par les odeurs et les risques sanitaires.
L’affaire de l’incinérateur bloqué n’est pas une simple querelle administrative : elle révèle l’incapacité de l’île à gérer son développement. Entre bureaucratie, pression touristique et urgence écologique, Phuket est désormais face à un défi majeur qui conditionne son avenir. En attendant, la décharge saturée de Saphan Hin pourrait devenir une attraction touristique qui montrerait les coulisses d’un lieu qui se prétend un paradis sur Terre.



