
Phuket traverse une période délicate. Alors que les autorités luttent contre une marée noire provoquée par le naufrage d’un cargo au large de Koh Hey, les plages de la région sont également confrontées à une recrudescence de méduses, certaines venimeuses. Deux menaces qui ternissent l’image de carte postale de l’île et inquiètent autant les habitants que les visiteurs.
Des méduses qui gâchent la baignade
Ces derniers jours, le parc national des îles Similan, au nord de Phuket, a dû fermer temporairement une zone de baignade après l’apparition de méduses “Blue Button”. Leur piqûre n’est pas mortelle, mais elle provoque brûlures, démangeaisons et parfois cloques. Plus grave, à Phuket même, les sauveteurs ont signalé en octobre une hausse des cas liés aux redoutées méduses-boîtes, dont le venin peut entraîner des réactions sévères nécessitant une hospitalisation. Les autorités multiplient les avertissements et rappellent les gestes de premiers secours : rincer à l’eau de mer, éviter de frotter, et prévenir immédiatement les secours en cas de symptômes graves.
Une marée noire qui s’étend
En parallèle, les plages de Koh Hey, surnommée Coral Island, ont été souillées par des nappes d’hydrocarbures. Le cargo Sealloyd Arc, battant pavillon panaméen, a coulé le 7 février avec près de 300 conteneurs à bord, dont certains contenaient des produits dangereux. Si les 16 membres d’équipage ont été secourus, l’épave repose désormais à 60 mètres de profondeur et continue de fuir. Des traces de pétrole ont été repérées sur près d’un kilomètre de littoral, sous forme de boulettes de goudron. Les zones menacées incluent Rawai, Kata et Nai Harn, toutes riches en récifs coralliens et herbiers marins.
Tourisme et environnement sous pression
Phuket dépend largement du tourisme balnéaire. Les méduses et la marée noire frappent au cœur de cette économie. Les opérateurs de plongée et de snorkeling craignent une baisse de fréquentation, tandis que les pêcheurs redoutent un impact durable sur les ressources marines. Les autorités locales, appuyées par le centre de commandement maritime (Thai-MECC), ont lancé des opérations de nettoyage manuel pour limiter les dégâts, tout en tentant de colmater la fuite sous-marine.
Une double alerte pour l’île
Ces deux crises rappellent la fragilité de Phuket face aux aléas naturels et industriels. Les méduses, favorisées par le réchauffement des eaux et la surpêche, s’invitent de plus en plus souvent sur les plages. Quant aux marées noires, elles soulignent les risques liés au trafic maritime intense dans la région.



