
La campagne de recrutement militaire en ligne vient de s’achever avec un succès notable : 32 742 candidats se sont inscrits, soit 8 % de plus que l’objectif fixé par le ministère de la Défense. Les quotas globaux étaient de 30 902 postes, mais l’enthousiasme des volontaires a permis de dépasser la cible.
Le détail des chiffres montre une forte demande pour l’armée de terre, qui a enregistré 29 891 candidatures pour 28 209 places, soit 106 % de son quota. La marine a attiré 1 271 volontaires pour 700 postes (181 %), tandis que l’armée de l’air a reçu 1 081 candidatures pour 700 places (144 %). Le secrétariat permanent de la Défense a même doublé son objectif avec 129 inscriptions pour 60 postes (215 %). Seul l’état-major interarmées est resté en retrait, avec 370 candidats pour 550 places (67 %).
Cette tendance confirme une progression régulière du volontariat. En 2025, plus de 46 000 personnes avaient choisi de s’engager, représentant plus de la moitié des besoins nationaux. En 2024, on comptait 42 260 volontaires, contre 38 135 en 2021.
Pour autant, le système militaire thaïlandais repose toujours sur une obligation de service national. Chaque année, les jeunes hommes sont soumis à un tirage au sort : ceux qui tirent la « carte rouge » doivent effectuer leur service, tandis que la « carte noire » les en dispense. Ce mécanisme, souvent critiqué, est jugé archaïque et source d’inégalités.
Plusieurs partis politiques ont fait de sa réforme un axe de campagne. Certains proposent de mettre fin au tirage au sort et de basculer vers un recrutement exclusivement volontaire, arguant que les chiffres actuels montrent déjà une capacité à couvrir les besoins. D’autres souhaitent réduire la durée du service ou diversifier les missions, en intégrant davantage de tâches civiles et sociales.
Le débat est vif : les partisans du maintien du système estiment qu’il garantit un équilibre et une préparation nationale en cas de crise, tandis que ses opposants dénoncent une pratique injuste et traumatisante pour les jeunes, d’autant que des recrues sont régulièrement maltraitées par les sous-officiers.



