
Face à la chute alarmante du nombre de dugongs dans la mer d’Andaman, la Fondation thaïlandaise pour la conservation des récifs coralliens et de la vie marine intensifie ses actions pour restaurer les herbiers marins, principale source de nourriture de ces mammifères marins.
Selon Kongkiat Kittiwatthanawong, membre du comité scientifique de la fondation, les relevés par drone réalisés cette année montrent une baisse drastique : la population est passée de 248 individus il y a deux ans à seulement 114 aujourd’hui. Les derniers groupes significatifs se trouvent dans les eaux de Trang et le long des côtes des Andaman.
Le phénomène s’explique en grande partie par la disparition massive des herbiers marins, causée par le changement climatique. Une « sécheresse marine » survenue début 2024 aurait détruit plus de 20 000 rai de ces zones vitales. Privés de nourriture, les dugongs ont dû migrer, ce qui a paradoxalement permis d’en repérer davantage cette année.
Autre menace : les engins de pêche. Filets maillants et pièges provoquent des blessures, voire la noyade des dugongs, qui respirent par les poumons. Un filet maillant est constitué d’une nappe de mailles fines suspendue verticalement dans l’eau, maintenue par des flotteurs en haut et des poids en bas. Lorsqu’un animal nage dans le filet, sa tête ou ses nageoires passent à travers une maille, mais son corps reste bloqué. En essayant de reculer, il se retrouve piégé.
Pour inverser la tendance, la fondation collabore avec le Centre biologique marin de Phuket. Des semis d’herbiers sont cultivés sur une parcelle de quatre rai à Phangnga, avant d’être transplantés dans les zones sous-marines de Trang et Krabi. Objectif : doubler la surface des herbiers d’ici deux ans.
En parallèle, le centre de secours Sireetarn à Phuket prend en charge les dugongs échoués, malades ou blessés. Ces efforts conjoints ont permis d’atteindre 97 784 rai d’herbiers restaurés en 2024.
« Nous espérons stabiliser la population dans les cinq prochaines années », affirme Kongkiat. Malgré une réduction de moitié, les perspectives de survie s’améliorent. La mobilisation continue pour préserver ce symbole fragile de la biodiversité marine thaïlandaise.
Malgré tous ces efforts, le dugong est actuellement classé comme « Vulnérable » sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Cela signifie que l’espèce fait face à un risque élevé d’extinction à moyen terme dans la nature.



