
Le 28 mars 2025, l’immeuble de la Cour des comptes ou State Audit Office (SAO) à Bangkok s’est effondré après le séisme birman de magnitude 7,7. Le bâtiment, en construction et déjà surélevé, n’était achevé qu’à 30 %. Le bilan officiel est de 95 morts, neuf blessés et un disparu. Des irrégularités dans la construction et des manquements à la sécurité sont suspectés. Cinq personnes avaient été arrêtées à l’époque, dont des entrepreneurs chinois.
Un an après l’effondrement, les autorités thaïlandaises publient un rapport détaillant les conclusions de l’enquête.
Quatre failles majeures identifiées
Selon le rapport rendu public le 20 mars 2026, l’effondrement s’est produit sur les quatre premiers étages, lorsque les murs porteurs ont cédé sous l’effet des tremblements de terre. Les experts ont relevé quatre causes principales :
- La qualité du béton utilisé dans les murs porteurs était inférieure aux normes exigées.
- Les plans de construction ne respectaient pas la législation en vigueur, réduisant la résistance du bâtiment.
- Les barres d’armature reliant les poutres aux murs étaient trop courtes, fragilisant les points de connexion.
- Enfin, la conception globale n’était pas adaptée à la force minimale que la loi impose pour ce type de structure.
Une enquête aux multiples volets
Le rapport s’appuie sur les travaux de plusieurs institutions académiques et d’ingénierie, dont Chulalongkorn et Kasetsart University. Sur le plan judiciaire, 23 personnes physiques et morales ont été inculpées pour manquements graves dans la conception, la supervision et la construction, ainsi que pour usage de documents falsifiés.
Le Department of Special Investigation (DSI) poursuit en parallèle un dossier lié à des « prête-noms », tandis que la Commission nationale anticorruption examine l’éventuelle implication de fonctionnaires. Le Comptroller General’s Department vérifie de son côté le respect des règles de passation des marchés publics.
Soutien aux victimes et indemnisation
Le SAO rappelle que l’État a déjà versé près de 130 millions de bahts en compensations et aides aux familles des victimes et aux travailleurs touchés. Des fonds spécifiques ont également été attribués aux familles de travailleurs migrants tués dans l’effondrement.
Un drame révélateur
Au-delà des responsabilités individuelles, cette catastrophe met en lumière les failles du système de contrôle des constructions en Thaïlande. Elle souligne la nécessité d’une vigilance accrue sur la qualité des matériaux, la conformité des plans et la supervision des chantiers publics.



