
La police thaïlandaise a frappé un grand coup contre le trafic d’animaux sauvages. Le 8 mars, le Central Investigation Bureau (CIB) a perquisitionné un entrepôt du district de Lam Luk Ka, dans la province de Pathum Thani, où plus de 124 000 carcasses de geckos séchés ont été découvertes, ainsi que près de 30 tonnes de bois protégé. Deux suspects, identifiés comme Rung et Game, ont été arrêtés sur place.
Selon la division de suppression des crimes liés aux ressources naturelles et à l’environnement, l’entrepôt servait de cache pour des cargaisons destinées à l’exportation. Les geckos, conditionnés dans 414 cartons, auraient été introduits illégalement depuis l’Indonésie avant d’être regroupés pour expédition vers la Chine. Les enquêteurs ont également trouvé du bois précieux, notamment du santal et du palissandre du Siam, stocké dans des centaines de sacs.
Les deux suspects, qui louaient le bâtiment depuis quatre ans, ont affirmé que les carcasses avaient été déposées par un client en août 2025 et qu’aucun envoi n’avait encore eu lieu. Ils ont également reconnu que le bois était destiné à l’exportation. La police les a inculpés en vertu de la loi de 2019 sur la conservation et la protection de la faune sauvage, qui interdit l’importation et la possession d’animaux protégés sans autorisation.
Cette opération fait suite à une saisie en octobre 2025 dans la province de Chumphon, où 21 000 carcasses de geckos avaient été interceptées dans un pick-up. Les autorités avaient alors élargi leur enquête pour remonter les filières de contrebande. Les geckos sont très prisés dans certaines médecines traditionnelles, ce qui alimente un trafic lucratif à l’échelle régionale.
Parallèlement, deux autres arrestations ont eu lieu dans la province de Chachoengsao, où plus de deux tonnes de palissandre du Siam ont été découvertes dans une maison abandonnée. La valeur de cette saisie est estimée à près d’un million de bahts.
Le CIB souligne que ces affaires révèlent l’ampleur des réseaux transnationaux de contrebande d’animaux et de bois protégés. L’enquête se poursuit pour identifier les complices et les circuits internationaux impliqués. Pour les autorités, il s’agit d’un signal fort : la Thaïlande entend renforcer sa lutte contre le trafic de ressources naturelles, un crime qui menace à la fois la biodiversité et l’image du pays.



