L'accident de Kanchanaburi
Les célébrations du Nouvel An ont une nouvelle fois mis en lumière la crise de sécurité routière en Thaïlande. Selon les données publiées par le Département de probation, plus de 90 % des infractions enregistrées les 30 et le 31 décembre 2025 étaient liées à la consommation d’alcool. Sur 1 150 infractions recensées le 31 décembre, 1 093 concernaient la conduite en état d’ivresse, soit plus de 95 %. Un seul cas d’excès de vitesse a été signalé ce jour-là.
Les “jours dangereux” du 27 décembre au 4 janvier, sont traditionnellement marqués par une recrudescence des accidents. La journée du 30 a comptabilisé 271 collisions, causant 53 morts. Les provinces les plus touchées par la conduite en état d’ivresse sont Nonthaburi (174 cas), Bangkok (131) et Samut Prakan (127).
La route a également été le théâtre de drames. À Bangkok, un étudiant de 19 ans a perdu la vie le matin du 1er janvier après que sa moto a été percutée par une voiture conduite par deux jeunes femmes. Le choc a projeté la victime dans un canal. Les conductrices, hospitalisées, affirment avoir suivi leur GPS et n’avoir pas vu le deux-roues. Elles ont été soumises à des tests d’alcoolémie, tandis que l’autopsie du jeune homme doit déterminer les circonstances exactes.
Quelques jours plus tôt, à Kanchanaburi, un pick-up a violemment percuté un van arrêté à un feu rouge, tuant son conducteur et blessant 13 passagers, dont plusieurs enfants. Les secours ont dû intervenir rapidement pour évacuer les victimes et dégager la chaussée.
Face à ces bilans alarmants, les associations de la société civile tirent la sonnette d’alarme. La Fondation contre la conduite en état d’ivresse rappelle que les accidents de la route coûtent chaque année entre 500 et 600 milliards de bahts à l’économie nationale et provoquent en moyenne 40 décès par jour. Elle réclame des mesures radicales, comme la confiscation des véhicules des conducteurs ivres et des sanctions plus sévères, notamment des peines de prison sans sursis en cas de décès.
Le 22 décembre, ces réseaux ont soumis une proposition au procureur général pour durcir la législation et renforcer les contrôles, y compris contre la vente d’alcool aux mineurs. Ils dénoncent également des réglementations trop permissives sur les horaires de vente d’alcool, qui augmentent les risques sur les routes.
L’objectif affiché : réduire drastiquement les accidents liés à l’alcool et faire de la sécurité routière une priorité nationale.
La France n’a que très récemment redéfini son arsenal judiciaire contre la conduite en état d’ivresse. Le 31 décembre, un message de prévention contre l’alcool et la drogue au volant a été projeté sur l’Arc de Triomphe, à l’initiative du chef étoilé Yannick Alléno après la mort de son fils percuté par un chauffard ivre en 2022. Cette action symbolique rappelle la nouvelle loi de 2025 qui qualifie désormais ces drames d’« homicides routiers », passibles de dix ans de prison. En France, neuf personnes perdent la vie chaque jour sur les routes.



