
Les derniers sondages publiés en mars dressent un tableau préoccupant de l’opinion publique thaïlandaise. Entre la flambée des prix du pétrole et la défiance envers les institutions, la confiance des citoyens s’effrite, tandis que les préférences politiques se redessinent.
L’énergie au cœur des inquiétudes
Selon une enquête du King Prajadhipok’s Institute réalisée du 13 au 16 mars, près de 79 % des personnes interrogées redoutent l’impact de la hausse des prix du pétrole sur leur quotidien. La confiance dans la capacité du gouvernement à gérer la crise est divisée : 46,2 % se disent confiants, contre 40,4 % qui expriment peu ou pas de confiance. Les disparités régionales sont marquées : le Sud affiche 70,4 % de confiance, tandis que Bangkok atteint un niveau record de défiance à 57,6 %.
Par génération, les Baby Boomers restent les plus confiants (53,1 %), alors que la Génération Z se distingue par une majorité sceptique (49 %). Sur la direction politique à suivre, plus de la moitié des sondés (52,5 %) souhaitent que le gouvernement reste neutre et se concentre sur la protection des citoyens et des intérêts nationaux.
Popularité des partis et leaders
Le NIDA Poll, mené du 19 au 24 mars auprès de 2 500 personnes, révèle un duel serré pour le poste de Premier ministre. Natthaphong Ruengpanyawut, chef du People’s Party, recueille 30,6 % des intentions, talonné par Anutin Charnvirakul du Bhumjai Thai (29,4 %). Abhisit Vejjajiva (Démocrates) suit avec 10,9 %, tandis que Yodchanan Wongsawat (Pheu Thai) obtient 8 %.
En termes de partis, le People’s Party domine avec 35,8 %, devant Bhumjai Thai (26,6 %), Pheu Thai (12 %) et les Démocrates (11,6 %).
Les Thaïlandais préfèrent le Parti du peuple depuis des années et votent largement pour lui lors du scrutin proportionnel, mais se tournent vers des caciques locaux du Bumjaithai ou équivalent pour le scrutin de circonscription. Par ailleurs, ils savent que, même vainqueur des élections, le Parti du peuple a peu de chance de gouverner tant l’establishment qui dirige le pays lui est opposé.
Un indice politique en chute libre
Le Suan Dusit Poll confirme la tendance : l’indice politique national est tombé à 3,89 sur 10 en mars, contre 4,30 en février. Tous les indicateurs reculent, qu’il s’agisse du comportement des politiciens, de la mise en œuvre des politiques ou de la performance du Premier ministre. Les ministères les plus attendus par la population sont ceux de l’Énergie, du Commerce et des Finances.
Cette baisse traduit une insatisfaction croissante face à la gestion gouvernementale, notamment dans le contexte des tensions au Moyen-Orient qui font grimper les prix mondiaux de l’énergie. Les mesures de soutien aux ménages vulnérables sont jugées insuffisantes pour enrayer la crise.
Entre inquiétudes économiques et désillusion politique, les sondages de mars montrent une société thaïlandaise en quête de stabilité et de réponses concrètes. La hausse des prix du pétrole agit comme un révélateur des fragilités du gouvernement et pourrait peser lourd dans les choix électoraux à venir.



