
L’affaire Surachate Hakparn, ancien numéro deux de la police nationale thaïlandaise, prend une tournure de plus en plus grave. Surnommé “Big Joke”, l’ex‑haut gradé conteste les accusations de corruption qui pèsent sur lui, mais les enquêteurs multiplient les révélations et affirment disposer de preuves solides pour convaincre la Commission nationale anticorruption (NACC).
Au cœur du dossier : une tentative présumée de subornation. Surachate aurait cherché à influencer un membre de la NACC, Ekkawit Watchawalku, en lui offrant près de 3,75 kilos de lingots d’or – environ 10 millions de bahts – afin de faire disparaître une enquête sur ses liens supposés avec des plateformes de jeux en ligne. L’intéressé nie catégoriquement avoir accepté un quelconque avantage.
Le Central Investigation Bureau (CIB) a transmis plus de dix vidéos à la NACC, censées démontrer l’implication de Surachate et de plusieurs complices. Ce mardi, lors d’une conférence de presse, les généraux Trirong Phiwpan et Jaroonkiat Pankaew ont présenté une chronologie détaillée des faits. Les preuves incluent un clip montrant le colonel Phakphum Phisamai, ancien proche de Surachate, remettant les lingots au chauffeur d’un véhicule officiel de la NACC dans un parking de Bangkok, en présence du commissaire concerné.
Les enquêteurs affirment disposer de reçus d’achat, d’images de la livraison et d’enregistrements audio évoquant le poids de l’or et mentionnant “Joke”. Phakphum, qui a brisé dix ans de silence, assure avoir agi dans le cadre légal, sans rechercher de faveur personnelle. Ses déclarations, jugées crédibles, renforcent l’accusation.
La défense de Surachate dénonce un règlement de comptes interne, accusant ses ex‑collègues de vouloir l’abattre pour avoir exposé leurs propres scandales. Mais la police insiste : il s’agit d’un système de pots‑de‑vin lié aux réseaux de jeux illégaux, avec des ramifications jusque dans le monde académique.
Dans ce duel d’accusations croisées, la balance semble pencher du côté des forces de l’ordre. Les preuves matérielles, vidéos et enregistrements s’accumulent. La NACC, désormais saisie, devra trancher. Si les accusations sont confirmées, ce serait un coup dur pour Surachate, déjà écarté de ses fonctions, qui pourrait cette fois se retrouver derrière les barreaux.



