
Alors que les tensions au Moyen-Orient font flamber les prix du carburant et perturbent les grands hubs aériens de la région, Thai Airways apparaît comme l’un des grands bénéficiaires de la situation. La compagnie nationale a annoncé une hausse de ses tarifs de 10 à 15 % pour compenser la montée en flèche du kérosène, mais ses réservations restent solides, notamment sur les liaisons directes entre l’Europe et la Thaïlande.
Selon Cherdchome Therdsteerasukdi, directrice financière de THAI, l’entreprise dispose déjà d’un mécanisme de surcharge carburant, mais la hausse actuelle des prix du pétrole a rendu nécessaire un ajustement plus large. Malgré cette augmentation, la compagnie affirme ne constater aucun ralentissement de la demande. Les vols long-courriers affichent un taux de remplissage moyen de 80 à 90 %, preuve que les voyageurs privilégient désormais les liaisons directes pour éviter les escales dans des zones jugées à risque.
Depuis deux semaines, les billets se vendent à un rythme soutenu, avec une forte demande sur les routes européennes, mais aussi sur d’autres destinations. Certains passagers choisissent délibérément Bangkok comme point d’entrée, contournant les hubs du Golfe. Cette tendance joue en faveur de Thai Airways, qui se positionne comme une alternative sûre et fiable.
La compagnie a également modifié certains itinéraires pour contourner l’espace aérien iranien, ce qui entraîne une légère hausse de la consommation de carburant, mais sans impact majeur sur ses opérations. Parallèlement, THAI prépare une expansion de sa flotte : 14 Boeing 787-9 et 14 Airbus A321neo doivent être livrés cette année, portant le nombre total d’appareils à 102 en 2026. De nouvelles lignes sont prévues vers Amsterdam, Auckland, plusieurs villes chinoises, Busan et Da Nang.
Le PDG Chai Eamsiri insiste sur le fait que la hausse des tarifs n’est pas une opportunité spéculative, mais une réponse aux coûts réels, qui ont presque doublé. L’entreprise affirme vouloir préserver sa liquidité et n’envisage pas de nouveaux emprunts pour l’instant.
Dans un contexte où les compagnies du Golfe voient leur trafic perturbé, Thai Airways bénéficie d’un effet d’aubaine. La fermeture temporaire de certains corridors aériens redirige les flux vers Bangkok, renforçant son rôle de hub régional. Si la crise perdure, la compagnie pourrait consolider sa position sur le marché international, transformant une contrainte en avantage stratégique.



