
La Thaïlande resserre la vis aux frontières. C’est un nouveau tour de vis par rapport à notre dernier article sur le sujet et on ne sait pas si cette suspicion est de nature à inciter les touristes « ordinaires » à venir visiter le royaume.
Depuis le début du mois, l’Immigration Bureau a renforcé les contrôles dans les aéroports, après la résurgence de heurts armés à la frontière thaïlando‑cambodgienne et la montée de rumeurs sur l’arrivée possible de mercenaires étrangers via les régimes d’exemption de visa. Une inquiétude d’abord relayée par des universitaires sur les réseaux sociaux, puis prise très au sérieux par les autorités.
Selon le porte‑parole de l’Immigration, le lieutenant‑général Choengron Rimpadee, le chef de la police nationale et le commissaire à l’immigration ont ordonné des vérifications plus strictes ciblant deux catégories de voyageurs : les ressortissants d’Europe de l’Est et d’Asie du Nord soupçonnés de pouvoir servir comme mercenaires, et les citoyens cambodgiens bénéficiant de l’exemption de visa. Dans le contexte actuel, expliquent les autorités, il est peu probable que des voyageurs en provenance de zones de conflit se rendent en Thaïlande pour du simple tourisme.
Les étrangers ayant des activités professionnelles légales dans le pays sont désormais encouragés à demander un visa auprès des ambassades thaïlandaises, afin de permettre un filtrage préalable avant leur arrivée. Le 11 décembre, les responsables de l’immigration ont réuni les directeurs des cinq principaux aéroports — Suvarnabhumi, Don Mueang, Chiang Mai, Phuket et Hat Yai — pour harmoniser les nouvelles mesures.
Entre le 1er et le 13 décembre, 185 voyageurs ont déjà été refoulés pour des raisons de sécurité. Malgré ce durcissement, les autorités assurent que les touristes ordinaires ne seront pas pénalisés, cependant, si la communauté internationale a vent de ce climat de suspicion, l’attrait de la Thaïlande s’en trouvera altéré. La Thaïlande accueille actuellement plus de 75 000 visiteurs étrangers par jour, et les contrôles de passeport restent limités à environ 45 secondes par personne.
Des files plus longues sont toutefois attendues à Suvarnabhumi, où les temps d’attente pourraient passer de 20 à 40 minutes aux heures de pointe. Les postes d’immigration sont désormais entièrement dotés en personnel pour absorber le flux.
Les autorités insistent : ces mesures ne concernent pas les citoyens thaïlandais, dont l’entrée et la sortie du territoire ne seront pas affectées. Mais du côté du secteur touristique, l’inquiétude monte. Plusieurs opérateurs demandent au gouvernement de clarifier publiquement les nouvelles règles, après une hausse des refus d’entrée qui commence à semer la confusion chez les voyageurs.
Dans un pays qui mise sur un afflux massif de touristes pour soutenir son économie, l’équilibre entre sécurité et fluidité devient plus délicat que jamais.



