
La Banque mondiale (BM) a abaissé ses prévisions pour l’économie thaïlandaise en 2026, anticipant une croissance de seulement 1,6 %, contre 1,8 % précédemment. Le ralentissement est attribué à un endettement des ménages toujours élevé, à un commerce mondial en perte de vitesse et à une reprise touristique plus fragile que prévu. L’institution prévoit toutefois un rebond à 2,2 % en 2027, porté par de meilleures conditions internationales et une hausse des investissements privés.
Endettement et tourisme en berne
Selon Kiatpong Ariyapruchya, économiste principal de BM pour la Thaïlande, la faiblesse de la demande intérieure reste un frein majeur. Les ménages, lourdement endettés, limitent leur consommation. Le secteur touristique, pilier de l’économie, peine à retrouver son niveau d’avant-pandémie. Des facteurs structurels – infrastructures saturées, concurrence régionale, personnel mal formé – pourraient empêcher les recettes de revenir à leur pic avant deux ans.
Le gouvernement plus optimiste
Le ministère des Finances affiche une prévision légèrement plus élevée, à 2 % de croissance en 2026, et espère atteindre 3 % en 2027, considéré comme le potentiel de long terme du pays. On ne sait pas si ses prévisions sont influencées par la « méthode Coué ». Le vice-ministre Benjarong Suwankiri met en avant la stabilité politique post-électorale et un plan d’investissement de 480 milliards de bahts via le programme Thailand Fast Pass, censé stimuler l’activité dès cette année.
Fitch Ratings reste prudent
L’agence Fitch, qui a abaissé fin 2025 la perspective de la note souveraine thaïlandaise à « négative », observe de près la formation du nouveau gouvernement. Elle estime qu’une coalition menée par Bhumjaithai pourrait réduire le risque d’éviction du Premier ministre par la « justice » et de paralysie politique, mais prévient que les négociations internes pourraient ralentir la consolidation budgétaire. Fitch souligne que la trajectoire de la dette et la capacité du gouvernement à engager des réformes structurelles seront déterminantes pour la note du pays. Anutin se présente lui-même comme conservateur et anti-réformes.
L’industrie verte comme moteur d’avenir
La Banque mondiale insiste sur le rôle clé du secteur manufacturier, qui représente 25 % du PIB et emploie plus de 6 millions de personnes. Elle identifie les exportations « vertes » – véhicules électriques, équipements solaires, appareils économes en énergie – comme un levier stratégique. Ces produits, représentant déjà près de 10 % des exportations, offrent une valeur ajoutée plus élevée et pourraient renforcer la résilience économique.
Marchés financiers attentistes
À la Bourse de Bangkok, l’indice SET a clôturé à 1 411,70 points, en légère hausse (+0,09 %). Les investisseurs, après avoir intégré le sentiment positif lié aux élections et ont vécu deux excellentes séances lundi et mardi, se montrent prudents face aux résultats décevants de certaines entreprises.
En somme, la Thaïlande aborde 2026 avec une croissance ralentie et des défis persistants. Si le pays parvient à stabiliser sa politique budgétaire et à accélérer sa transition vers une industrie plus verte, il pourrait retrouver une dynamique plus solide dès 2027. Pendant ce temps, les pays voisins et concurrents affichent des croissances supérieures à 5 % par an.



