
Chaque année, entre février et mars, le nord de la Thaïlande, le Laos et le Myanmar suffoquent sous un épais brouillard de fumée. Issu des feux de forêt et des brûlis agricoles, ce phénomène de pollution transfrontalière entraîne des niveaux de particules fines (PM2.5) largement supérieurs aux seuils de sécurité fixés par l’Organisation mondiale de la santé. Les conséquences sont lourdes : hausse des maladies respiratoires, perturbations économiques et chute du tourisme dans des villes comme Chiang Mai ou Luang Prabang.
Face à cette urgence, les trois pays viennent de renforcer leur coopération. À Vientiane, la capitale laotienne, s’est tenue la deuxième réunion du groupe de travail conjoint chargé de suivre le plan d’action régional. La délégation thaïlandaise était menée par Thananchai Wansuk, directeur adjoint du Département de contrôle de la pollution. Les discussions ont permis d’approuver les termes de référence du groupe, de définir un calendrier de travail et d’envisager la création d’un comité technique pour appuyer la mise en œuvre.
Parmi les mesures adoptées figurent l’élaboration de cartes de risques d’incendie, la mise en place d’un système commun de surveillance et de rapport sur la qualité de l’air, ainsi que la promotion de pratiques agricoles durables pour limiter le recours aux brûlis. Les participants ont également insisté sur l’importance de campagnes de sensibilisation auprès des populations locales, afin de réduire les comportements à risque et d’encourager des alternatives plus respectueuses de l’environnement.
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement de l’Accord de l’ASEAN sur la pollution transfrontalière par la fumée, signé en 2002, mais dont l’efficacité reste limitée. Les difficultés tiennent à la diversité des pratiques agricoles, aux contraintes économiques et à la complexité de coordonner des actions au‑delà des frontières.
Pour les autorités, l’objectif est clair : réduire les épisodes de pollution et protéger la santé publique. Les particules fines issues des feux de forêt sont liées à des maladies chroniques et à une augmentation des hospitalisations durant la saison sèche. En renforçant la coopération régionale et en impliquant les communautés locales, la Thaïlande, le Laos et le Myanmar espèrent enfin apporter une réponse durable à un problème qui ne connaît pas de frontières.
Cependant, la déclaration à l’issue de la réunion de Vientiane ressemble plutôt à un catalogue de bonnes intentions plutôt qu’à un calendrier d’actions coercitives contre les paysans délinquants.



