
Fin du plafonnement, place au marché
Le gouvernement thaïlandais a annoncé le 24 mars qu’il ne maintiendrait plus de plafond sur le prix du diesel. Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a confirmé que les tarifs suivraient désormais les mécanismes du marché mondial, abandonnant la promesse d’un prix inférieur à 33 bahts le litre.
« Il n’y a pas de gel des prix – ils évolueront selon le marché », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant la détresse des ménages face à la flambée des coûts liée à la guerre au Moyen-Orient.
On ne sait comment réagiront les camionneurs.
Une demande dopée par la panique
Avant le conflit, la consommation quotidienne de pétrole en Thaïlande était estimée à 67 millions de litres, pour une production de 77 millions. Mais la peur des pénuries a provoqué une ruée vers les stations-service, faisant grimper la demande à plus de 80 millions de litres par jour, au-delà des capacités nationales. Le gouvernement appelle désormais à un retour à des niveaux de consommation « raisonnables » pour éviter une crise durable.
Mais les Thaïlandais continuent de faire la queue devant les stations dont beaucoup sont en rupture de stock.
Des prix déjà en hausse
Le 24 mars, l’Office de la politique énergétique a annoncé une augmentation immédiate : +2 bahts par litre pour l’essence et +1,80 baht pour le diesel, portant ce dernier à 32,94 bahts. Le ministre des Finances par intérim, Ekniti Nitithanprapas, a défendu la décision : « Ce n’est pas une promesse rompue – nous devons accepter la réalité d’un monde en guerre. » Il n’exclut pas une réduction des taxes sur les carburants si la situation s’aggrave.
Vers un contrôle renforcé des biens essentiels
Le ministère du Commerce propose d’élargir la liste des produits « contrôlés » : plastique, eau en bouteille, papier hygiénique, détergents, savon ou encore protections hygiéniques. Les hausses de prix devront désormais obtenir une autorisation préalable, et non plus seulement être signalées. Un programme « Green Flag Plus » est également prévu pour soutenir les agriculteurs face à la hausse des engrais, particulièrement entre mai et juillet.
L’électricité et la bière aussi concernées
La Commission de régulation de l’énergie doit fixer les nouveaux tarifs d’électricité pour mai-août 2026. Selon les scénarios étudiés, les prix pourraient grimper de 7 à 70 satangs par unité, en raison du coût croissant du gaz naturel liquéfié.
Dans le secteur privé, Chang Beer a annoncé une hausse de 2 bahts par bouteille d’ici fin mars, invoquant les coûts de transport et les pénuries de camions. Son concurrent Boon Rawd Brewery (Singha, Leo) promet de maintenir ses prix, mais les observateurs s’attendent à une contagion.
Une crise aux multiples répercussions
La Thaïlande se retrouve face à un dilemme : protéger les consommateurs tout en acceptant les réalités du marché mondial. Entre carburant, électricité et produits de base, la hausse généralisée des prix illustre la fragilité des économies face aux conflits internationaux.
Pour les ménages thaïlandais, l’impact est déjà tangible : le plein coûte plus cher, les factures d’électricité s’annoncent plus lourdes, et même la bière risque de peser davantage sur le budget.



