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La Thaïlande s’apprête à réformer en profondeur sa réglementation aérienne. La Civil Aviation Authority of Thailand (CAAT) a annoncé qu’elle proposera, début février 2026, la suppression des limites d’âge imposées aux avions commerciaux, cargos et hélicoptères. Une décision qui marque un tournant pour le secteur, longtemps contraint par des règles strictes.
Jusqu’ici, les appareils de ligne ne pouvaient dépasser 16 ans, les avions-cargos 22 ans et les hélicoptères 5 ans. Mais, selon la CAAT, ces seuils ne correspondent plus aux pratiques internationales. Aux États‑Unis, en Europe ou encore à Singapour, aucune limite d’âge n’est fixée : la sécurité repose sur des inspections de navigabilité rigoureuses et régulières. La Thaïlande entend désormais s’aligner sur ces standards mondiaux.
Cette réforme répond à une urgence : les compagnies aériennes souffrent de pénuries de flotte. Les délais de livraison pour les nouveaux appareils atteignent aujourd’hui six à sept ans, freinant la croissance du trafic et limitant l’offre de sièges. En permettant l’utilisation d’avions plus anciens, mais certifiés conformes, Bangkok espère augmenter rapidement la capacité, offrir davantage d’options aux passagers et stabiliser les prix des billets.
Le ministre des Transports par intérim, Phiphat Ratchakitprakarn, devrait signer l’amendement dans les prochaines semaines. La CAAT insiste : la sécurité restera au cœur du dispositif. Les inspections seront menées selon les normes internationales, avec des contrôles renforcés pour garantir la fiabilité des appareils.
Au‑delà de la question des flottes, cette évolution s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation du secteur aérien thaïlandais. Le pays veut renforcer sa compétitivité face aux grands hubs régionaux, comme Singapour ou Kuala Lumpur, et accompagner la reprise du tourisme. Les autorités envisagent également d’augmenter certaines redevances aéroportuaires pour financer des infrastructures plus modernes.
Pour les voyageurs, la réforme pourrait se traduire par une offre plus diversifiée et des tarifs plus stables. Pour les compagnies, elle représente une bouffée d’oxygène dans un contexte de forte demande et de contraintes financières. Reste à voir si cette ouverture rassurera les passagers, souvent sensibles à l’âge des avions, malgré les garanties de sécurité affichées.



