promesse de 2000 bahts par jour et par personne bloquée en Thaïlande
Le tourisme thaïlandais traverse une zone de turbulences. Avant même l’éclatement du conflit en Iran, les arrivées de visiteurs étrangers avaient commencé à ralentir, prolongeant une tendance déjà observée en 2025. La guerre au Moyen-Orient, avec ses répercussions sur le transport aérien et la confiance des voyageurs, ne fait qu’aggraver une situation fragile.
Une reprise freinée dès le début de 2026
La Thaïlande espérait accueillir plus de 36 millions de touristes en 2026, portée par le retour massif des visiteurs chinois. Le Nouvel An lunaire avait donné des signes encourageants, avec près de 30 000 arrivées quotidiennes. Mais dès la fin février, le rythme est retombé à 16 000–17 000 par jour. Le ralentissement était déjà perceptible avant que les tensions au Moyen-Orient ne viennent perturber les flux aériens.
Du 1er janvier au 1er mars 2026, la Thaïlande a accueilli environ 6,62 millions de visiteurs internationaux, générant 326,61 milliards de bahts de recettes.
Les cinq principaux marchés émetteurs ont été :
- Chine : 1 091 674 visiteurs
- Malaisie : 622 846
- Russie : 512 044
- Inde : 424 129
- Corée du Sud : 316 683
Dans l’ensemble, le nombre total d’arrivées a reculé de 4,41 % par rapport à la même période l’an dernier.
Selon le ministère du Tourisme et des Sports, entre le 23 février et le 1er mars, les arrivées ont chuté de plus de 23 % par rapport à la semaine précédente. Les marchés d’Asie de l’Est, notamment la Chine, Hong Kong, Taïwan et Singapour, ont marqué le pas après les fêtes. Les arrivées en provenance du Moyen-Orient ont plongé de 60 % en une semaine, tandis que l’Europe enregistrait une baisse de 25 %.
Des touristes bloqués et une image fragilisée
La fermeture d’espaces aériens et l’annulation de vols ont laissé des centaines de voyageurs coincés en Thaïlande, incapables de regagner leur pays. Pour éviter que ces visiteurs ne se retrouvent en difficulté financière, le ministère du Tourisme a annoncé une aide de 2 000 bahts par jour pour les touristes bloqués. On n’en connaît pas le processus. L’initiative vise à préserver l’image d’un pays accueillant, malgré les circonstances.
Le Bureau de l’immigration thaïlandais a mis en place des mesures d’urgence pour aider les étrangers bloqués dans le pays. Les voyageurs dont le visa a expiré depuis le 28 février bénéficient d’une exemption d’amende pour overstay et peuvent demander des prolongations temporaires allant jusqu’à 30 jours. Ces dispositions visent à désengorger l’aéroport de Suvarnabhumi, où de nombreux touristes attendent la reprise des vols ou des itinéraires alternatifs.
Thienprasit Chaiyapatranun, président de l’Association des hôtels thaïlandais (THA), souligne que la crise actuelle affecte directement le secteur. « Les annulations de vols et les retards prolongés perturbent non seulement les arrivées, mais aussi la confiance des voyageurs », explique-t-il. Il ne mentionne pas les brusques augmentations des prix des billets qui pourraient aussi dissuader les voyageurs potentiels.
Un secteur sous pression
La dépendance du tourisme thaïlandais aux marchés régionaux rend le pays particulièrement vulnérable aux crises géopolitiques. La guerre en Iran, qui perturbe les routes aériennes et inquiète les voyageurs, accentue une tendance baissière amorcée l’an dernier. Les professionnels craignent que l’objectif de 36 millions de visiteurs en 2026 ne soit désormais hors de portée.
Le gouvernement tente de rassurer en multipliant les réunions avec les acteurs du secteur et en promettant des mesures de soutien. Mais la réalité est là : le tourisme, pilier de l’économie thaïlandaise, doit composer avec une instabilité mondiale qui dépasse largement ses frontières.



