
Le Département des Beaux-Arts thaïlandais a confirmé que près de 30 sites historiques ont été endommagés à la suite des récents affrontements le long de la frontière avec le Cambodge. Une réunion est prévue vendredi afin d’établir un plan de restauration détaillé.
Il convient de rappeler que la plupart de ces sites, actuellement occupés par la Thaïlande, sont revendiqués par le Cambodge.
Parmi les monuments les plus touchés figure le Prasat Ta Kwai, situé dans la province de Surin. Datant des XIe au XIIIe siècles, ce temple khmer de l’époque angkorienne a subi de graves détériorations. Les premières inspections menées par le Bureau régional des Beaux-Arts de Nakhon Ratchasima, en coopération avec la 2e Armée, ont également révélé des dommages importants au Prasat Khana, dans le district de Kap Choeng.
Selon Phnombootra Chandrajoti, directeur général du département, les évaluations initiales laissent espérer que les ruines pourront retrouver leur grandeur grâce à une restauration méthodique. Le plan inclura des fouilles archéologiques sous les fondations, l’installation de soutiens structurels pour éviter de nouveaux effondrements et la sécurisation des accès afin de permettre le retrait et l’examen des pierres écroulées.
La ministre de la Culture par intérim, Sabeeda Thaised, a demandé que l’ensemble des temples et sanctuaires frontaliers soient recensés et intégrés dans une stratégie globale de conservation. Les premières enquêtes menées dans les provinces d’Ubon Ratchathani, Surin, Buri Ram et Si Sa Ket ont déjà identifié une trentaine de sites endommagés. Ceux qui ne sont pas encore enregistrés seront prochainement classés monuments nationaux.
La restauration devra respecter les principes de conservation du département, avec une priorité donnée à la sécurité des équipes et des communautés locales. Les autorités militaires seront associées pour garantir l’accès aux zones sensibles, certaines étant encore minées. Le lieutenant-colonel Sarayut Malasai, commandant du 22e bataillon d’infanterie, a rappelé que le site de Ta Kwai reste instable et interdit au public. Il a précisé que les forces thaïlandaises avaient mis dix jours à sécuriser le secteur en décembre, dans un contexte où les troupes adverses occupaient un terrain en hauteur.
Le Département des Beaux-Arts assure que, malgré la complexité du chantier, les monuments pourront retrouver leur beauté et continuer à témoigner de l’héritage culturel et historique du pays. Ces travaux visent à préserver des sanctuaires de grande valeur pour les générations futures, tout en renforçant la coopération entre autorités civiles et militaires dans une zone encore marquée par les tensions.



