
Le ministre thaïlandais des Affaires étrangères par intérim, Sihasak Phuangketkeow, a rencontré jeudi l’ambassadeur iranien Nasereddin Heydari pour demander une assistance urgente dans les recherches concernant trois marins thaïlandais disparus depuis le 11 mars 2026, lors de l’attaque du cargo Mayuree Naree dans le détroit d’Ormuz.
Le navire, qui transportait 23 membres d’équipage, a été frappé par des projectiles provoquant un incendie dans la salle des machines. Les forces iraniennes ont revendiqué cette agression. Vingt marins ont été secourus par la marine omanaise et rapatriés en Thaïlande le 15 mars, mais trois restent introuvables.
Une demande humanitaire et stratégique
Sihasak a insisté sur « l’importance du soutien naval iranien pour cette mission humanitaire » et sur la nécessité de garantir un passage sûr aux navires commerciaux thaïlandais dans le détroit d’Ormuz. L’ambassadeur iranien a assuré que les demandes avaient été transmises aux autorités compétentes et qu’en principe, l’Iran était prêt à aider. Il a ajouté que la Thaïlande, considérée comme une nation amie, devrait bénéficier d’un passage sécurisé.
Le détroit d’Ormuz, zone sous tension
Près d’un tiers du pétrole mondial transporté par voie maritime transite par ce détroit. La zone est régulièrement le théâtre de tensions, saisies de tankers et attaques de navires marchands, souvent liées aux rivalités entre l’Iran et ses adversaires. Pour Bangkok, qui dépend fortement des importations d’énergie, la sécurité de ses routes maritimes est vitale.
Diplomatie et contentieux
Au‑delà de l’aspect humanitaire, cette rencontre illustre les équilibres délicats entre la Thaïlande et l’Iran. Les relations bilatérales reposent sur une coopération économique, mais elles sont aussi influencées par les sanctions internationales contre Téhéran et les pressions américaines.
L’ambassadeur iranien a profité de l’entretien pour demander à la Thaïlande et aux pays de l’ASEAN d’encourager toutes les parties au conflit régional à renouer avec le dialogue. Une manière de rappeler que l’Iran cherche à briser son isolement diplomatique, tout en se présentant comme un acteur incontournable de la sécurité maritime.
Une urgence toujours ouverte
Pour la Thaïlande, l’enjeu est double : retrouver ses trois marins disparus depuis le 11 mars et protéger ses intérêts commerciaux, tout en évitant de se retrouver prise dans les rivalités géopolitiques du Moyen‑Orient.



