
La descente dans un nightclub du district de Huai Khwang -que nous avons déjà évoquée- a révélé des pratiques illégales et conduit à la mutation de cinq policiers. L’affaire prend une tournure sensible : un officier est accusé d’avoir servi de nominee (actionnaire de façade ou prête-nom) pour le club, baptisé 577 Club.
Un club déjà sanctionné
Selon le Département de l’administration provinciale, l’établissement fonctionnait sans licence, restait ouvert jusqu’à 4 h du matin et avait déjà été fermé auparavant. Pourtant, il avait rouvert clandestinement. Les enquêteurs ont découvert des clients sous l’emprise de stupéfiants, des travailleurs étrangers sans permis et des paiements effectués via Alipay et WeChat vers une société-écran chinoise.
Des policiers dans le viseur
Parmi les suspects, certains ont affirmé qu’un policier surnommé « Jo » détenait des parts au nom du club. L’officier, ancien membre de la division de protection des femmes et des enfants, avait été transféré dans une autre unité. Cinq agents du commissariat de Huai Khwang ont été mutés pour négligence présumée.
Huai Khwang devenu la nouvelle ville chinoise, fait souvent figure de zone de non-droit et d’enclave communautaire.
Mutations temporaires
En Thaïlande, ces mutations sont souvent présentées comme des mesures disciplinaires rapides pour apaiser l’opinion publique. Mais dans la pratique, elles peuvent être temporaires : une fois l’attention médiatique retombée, certains officiers réintègrent discrètement leur poste. Ce mécanisme, déjà observé lors de précédents scandales liés aux bars clandestins ou aux casinos illégaux, alimente les critiques sur la capacité réelle des autorités à sanctionner durablement.
Un problème récurrent
Les clubs illégaux de Bangkok prospèrent grâce à des réseaux mêlant capitaux étrangers, souvent chinois, exploitation de travailleurs migrants et tolérance implicite de certains responsables locaux. Les fermetures ordonnées sont souvent suivies de réouvertures rapides, parfois sous un autre nom. Les observateurs estiment que la présence de policiers ou d’intermédiaires liés aux forces de l’ordre dans ces affaires fragilise la crédibilité des campagnes de répression.
Enjeu d’image
Pour les autorités, l’affaire du 577 Club est un test : montrer qu’elles peuvent agir contre des établissements qui bafouent les règles et ternissent l’image de Bangkok.



