Le danseur et sa petite amie
Le mystère entourant la disparition du danseur thaïlandais Pongsakorn “Aon” Phueanpharam, 25 ans, et de sa compagne Panadda “Dream” Chokeboonrueang, 23 ans, a pris une tournure inattendue. Portés disparus depuis le 24 février, ils ont finalement été retrouvés au Cambodge, où ils ont été arrêtés par les autorités locales.
Selon les premiers éléments, le couple aurait été trompé par un réseau de fraude opérant sous couvert de centres d’appels. Aon avait expliqué à sa famille qu’il accompagnait Dream pour un entretien et une formation avant son embauche. Après avoir séjourné dans un hôtel de Bangkok, ils ont été pris en charge par une berline. Depuis, plus aucun contact avec leurs proches.
L’affaire a pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux, jusqu’au témoignage d’une femme identifiée sous le prénom Wi. Elle affirme avoir croisé Aon et Dream en Cambodge, expliquant avoir elle-même été dupée par le même gang. Ses comptes bancaires avaient été utilisés comme comptes “mules” avant qu’elle ne soit autorisée à rentrer en Thaïlande. Elle assure que le couple a subi le même sort.
Le 4 mars, le journaliste thaïlandais Anuwat Fuangthongdang a révélé que les deux jeunes, ainsi que d’autres ressortissants thaïlandais, avaient été arrêtés à un poste-frontière d’O Smach. Ils tentaient de regagner la Thaïlande, mais ont été interpellés pour entrée illégale au Cambodge. Ils devront désormais faire face à une procédure judiciaire avant une éventuelle expulsion.
Des internautes citant l’ambassade royale de Thaïlande au Cambodge évoquent une peine possible de huit mois de prison et une amende pouvant atteindre 15 000 bahts. Plusieurs témoignages confirment que d’autres familles ont vu leurs proches arrêtés dans des circonstances similaires, certains attendant encore leur retour.
Si certains se disent soulagés de savoir leurs proches vivants, d’autres doutent de la version selon laquelle les victimes auraient été trompées, estimant que certains acceptent sciemment de travailler pour ces réseaux par nécessité financière.
Cette affaire met en lumière l’ampleur des escroqueries transfrontalières et les risques encourus par de jeunes Thaïlandais attirés par des promesses d’emploi. Elle souligne aussi la possibilité de passer une frontière pourtant fermée.



