
Un drame s’est produit lundi matin dans le parc national de Khao Yai, au nord-est de la Thaïlande. Un touriste thaïlandais de 65 ans, originaire de la province de Lopburi, a été piétiné à mort par un éléphant mâle sauvage nommé Oyewan. L’animal, déjà impliqué dans deux décès antérieurs, a attaqué l’homme alors qu’il se promenait près de son campement, peu avant le lever du soleil.
Selon les autorités du parc, le pachyderme était en période de rut, une phase où les mâles deviennent particulièrement agressifs. Le chef du parc, Chaiya Huayhongthong, a confirmé qu’il s’agissait de la troisième victime attribuée à Oyewan. L’épouse du touriste, présente lors de l’attaque, a réussi à s’enfuir tandis que les gardiens tentaient de repousser l’animal.
Une menace croissante
Les éléphants sauvages, emblèmes de la Thaïlande, sont de plus en plus nombreux dans les zones protégées. Leur population est passée de 334 individus en 2015 à près de 800 en 2025, selon le département des Parcs nationaux. Cette croissance rapide entraîne une multiplication des conflits avec les humains. Depuis 2012, plus de 220 personnes ont perdu la vie dans des attaques d’éléphants sauvages, soit en moyenne une vingtaine de décès par an. Parmi les victimes figurent aussi des touristes étrangers, comme une ressortissante espagnole tuée en 2025 dans un sanctuaire du sud du pays.
Les autorités face à un dilemme
Le cas d’Oyewan illustre la difficulté des autorités à gérer ces situations. Faut-il déplacer l’animal, le surveiller de plus près ou envisager des mesures plus radicales ? Une réunion est prévue vendredi pour décider de son sort. En parallèle, des campagnes de contraception sont menées auprès des femelles pour tenter de réguler la population.
Entre fascination et danger
Si les éléphants restent une attraction majeure pour les visiteurs, leur proximité avec les zones touristiques soulève des inquiétudes. Les experts rappellent que ces animaux, malgré leur image majestueuse, peuvent devenir imprévisibles et dangereux. Le drame de Khao Yai relance le débat sur la cohabitation entre l’homme et la faune sauvage dans un pays où le tourisme et la préservation de la nature doivent trouver un équilibre fragile.



