
Un sondage national du très sérieux King Prajadhipok’s Institute (KPI) met en lumière la persistance de l’achat de vote en Thaïlande et la méfiance croissante envers la Commission électorale (EC). Réalisée du 13 au 16 février auprès de 2 000 citoyens âgés de 18 ans et plus, l’enquête révèle que 53,6 % des répondants ont entendu parler de pratiques d’achat de voix dans leur circonscription.
Parmi ceux qui en ont eu connaissance, 76,8 % estiment que les sommes versées se situent généralement entre 500 et 1 000 bahts, ce qui suggère une pratique répandue et accessible. Les disparités régionales sont nettes : plus de 60 % des habitants du Sud et du Nord-Est disent avoir constaté ce phénomène, contre seulement 26,5 % à Bangkok.
Sur la question du contrôle électoral, 40,8 % des sondés se disent insatisfaits des efforts de l’EC pour prévenir la fraude. À l’inverse, 31,9 % expriment une satisfaction relative, tandis que 25,8 % restent neutres. Ces chiffres traduisent une confiance limitée dans l’organisme chargé de garantir l’intégrité du scrutin.
Concernant les alliances politiques post-électorales, l’incertitude domine. 41,7 % des personnes interrogées déclarent qu’aucune formule de coalition proposée ne les convainc. Parmi les options identifiées, la plus populaire est une alliance entre le Bhumjaithai Party, le Pheu Thai Party et le Democrat Party, plébiscitée par 28,5 % des répondants. Une coalition élargie incluant le petit Prachachat Party recueille 13,8 % des préférences. On note que le Kla Tham de Thammanat Prompao, qui a passé six ans dans les prisons australiennes pour trafic de drogue, n’est pas plébiscité pour intégrer une coalition.
Issara Sereewatthanawut, secrétaire général du KPI, souligne que ces résultats traduisent à la fois la persistance des inquiétudes liées à l’achat de vote et les difficultés de l’EC à inspirer confiance. Ils révèlent aussi une incertitude politique persistante, malgré la certification des résultats.
Cette enquête s’ajoute à d’autres signaux d’alerte sur la transparence du processus électoral. La fermeture récente du site de résultats en temps réel de l’EC, critiqué pour ses irrégularités, avait déjà alimenté les doutes. Le sondage du KPI confirme que la question de l’intégrité électorale reste au cœur des préoccupations citoyennes.



