
Un sondage publié le 6 mars par le King Prajadhipok’s Institute révèle une tendance claire : les citoyens thaïlandais veulent un gouvernement plus intègre. Près de 49 % des personnes interrogées affirment qu’elles rejetteraient la nomination de ministres ayant déjà été impliqués dans des affaires de corruption.
L’enquête, menée entre le 27 février et le 2 mars auprès de 1 908 personnes âgées de 18 ans et plus, portait sur le profil idéal d’un futur cabinet. La corruption est apparue comme le critère éliminatoire le plus cité. Derrière, les répondants évoquent les conflits d’intérêts (17,9 %), les changements de parti opportunistes (15,3 %), le manque d’expertise (14,9 %) et les échecs administratifs passés (3 %).
À l’inverse, les qualités jugées essentielles pour un ministre sont l’honnêteté et l’intégrité (32,1 %), la capacité à écouter et résoudre les problèmes du public (28,7 %), l’expertise professionnelle et les résultats concrets (24,6 %), ainsi que la prise de décision et la responsabilité (11,5 %). Seuls 3,1 % des sondés estiment qu’une expérience préalable comme député ou ministre est indispensable.
Le sondage met aussi en lumière des différences régionales. À Bangkok, dans le Nord et le Nord‑Est, les citoyens privilégient des ministres attentifs aux préoccupations quotidiennes. Dans le Centre, l’Est et le Sud, l’accent est davantage mis sur l’honnêteté.
Autre enseignement : les Thaïlandais se montrent ouverts à l’intégration de technocrates et de femmes au sein du cabinet. La majorité estime que la composition doit rester à la discrétion du Premier ministre, sans quotas imposés.
Ce sondage reflète une aspiration croissante à un gouvernement plus transparent et plus proche des réalités sociales. Dans un pays où les scandales de corruption ont longtemps miné la confiance envers les élites politiques, l’opinion publique semble désormais prête à exiger des standards plus élevés.
Reste à savoir si ces attentes se traduiront dans la pratique. Les résultats du KPI Poll rappellent que l’intégrité et la compétence sont devenues des priorités pour une large partie de la population, bien au‑delà des logiques partisanes ou des carrières politiques traditionnelles.



