
Les autorités de Koh Samui, dans la province de Surat Thani, ont lancé une enquête d’ampleur après la découverte de permis de construire falsifiés concernant au moins dix projets immobiliers. L’affaire, révélée par la municipalité, met en lumière des failles dans le système d’approbation et soulève des inquiétudes sur la sécurité de plusieurs villas haut de gamme.
Signatures falsifiées et documents officiels truqués
Tout a commencé en octobre dernier, lorsque les promoteurs d’un projet privé et d’une modification de bâtiment commercial ont présenté des permis de construire en apparence authentiques. Les vérifications ont montré que les documents n’étaient pas enregistrés dans le système municipal et que les signatures, y compris celle du maire, avaient été contrefaites. Un agent administratif du service des travaux publics, soupçonné d’être lié aux documents, a été suspendu et fait désormais l’objet d’une enquête disciplinaire et pénale.
Des complicités possibles au sein de la municipalité
Le maire de Koh Samui, Ramnet Jaikwang, a ordonné une enquête immédiate et des poursuites judiciaires. Les autorités locales estiment qu’un simple agent ne pouvait agir seul, ce qui laisse penser à un réseau plus large impliquant des cadres du service d’ingénierie ou des intermédiaires extérieurs. Ces « courtiers » auraient facilité l’obtention de permis frauduleux pour des promoteurs pressés de lancer leurs projets de villas.
Une dizaine de permis suspects
Selon Pallop Meepian, responsable juridique de la municipalité, plus de dix permis falsifiés pourraient avoir été délivrés. Une plainte officielle doit être déposée le 27 mars auprès de la police de Koh Samui contre l’agent mis en cause. Parallèlement, un audit rétrospectif de tous les permis est en cours afin d’évaluer l’ampleur réelle de la fraude.
Les failles du système d’approbation accélérée
L’affaire met aussi en lumière les limites de l’article 39 Bis de la loi de 1979 sur le contrôle des constructions. Ce dispositif permet aux promoteurs de commencer les travaux sans attendre l’approbation formelle, à condition de fournir des plans certifiés par des architectes et ingénieurs agréés. Si les documents sont falsifiés ou non conformes, les autorités peuvent ordonner des modifications ou même la démolition des structures, tandis que les professionnels risquent des sanctions pénales.
Une affaire aux répercussions nationales
Au-delà de Koh Samui, ce scandale interroge sur la transparence des procédures de construction en Thaïlande et sur les risques encourus par les investisseurs et les habitants. La municipalité assure que l’enquête se poursuit et que des actions judiciaires supplémentaires pourraient viser d’autres responsables.
Avec des villas de luxe en jeu et une île dépendante du tourisme, l’affaire des faux permis de construire pourrait bien devenir un test grandeur nature pour la crédibilité des institutions locales et la confiance des investisseurs, d’autant que les scandales liés à l’immobilier sont fréquents sur l’île.



