
Le Wat Arun, le Temple de l’Aube, l’un des sites les plus emblématiques de Bangkok, a dû réagir face à une polémique qui a pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux. La direction de Wat Arun Ratchawararam a même présenté ses excuses aux visiteurs et annoncé une série de mesures pour mettre fin aux comportements jugés agressifs de certains photographes commerciaux opérant dans l’enceinte sacrée.
Tout est parti d’un témoignage publié par Krisda Witthayakhajorndet, patron de la société Be On Cloud. Dans son message, il raconte avoir vu des photographes locaux repousser des touristes, en particulier des étrangers, des zones prisées pour les clichés, sauf s’ils acceptaient de payer leurs services. Selon lui, ces pratiques nuisent à l’image du pays et créent un climat de malaise dans un lieu censé incarner la beauté et la spiritualité thaïlandaises. L’acteur Apo Nattawin Wattanakitiphat aurait lui aussi été prié à plusieurs reprises de quitter les endroits où l’on prend des photos.
Face aux centaines de réactions suscitées par ce post, le temple a publié un communiqué. Il rappelle qu’il accueille près de 10 000 visiteurs par jour et souligne la nécessité d’adapter sa gestion aux nouvelles réalités du tourisme. En coordination avec la police de Bangkok Yai, Wat Arun promet désormais de faire respecter des règles claires : les photographes devront se montrer respectueux envers tous les visiteurs et coopérer avec les vendeurs et le personnel du temple. Une réunion a d’ailleurs été organisée pour rappeler ces consignes.
La direction insiste sur sa volonté de préserver l’atmosphère spirituelle du site tout en garantissant une expérience positive aux touristes. Elle affirme vouloir trouver un équilibre entre la révérence religieuse, l’accueil des visiteurs et un tourisme durable.
Cette affaire survient alors que les autorités thaïlandaises multiplient les opérations de nettoyage autour des lieux de culte. Le 9 janvier, les forces de l’ordre de l’ISOC Bangkok ont lancé une action contre des vendeurs non autorisés au City Pillar Shrine, accusés de harceler les fidèles en leur imposant des fleurs à prix gonflés et de bloquer les parkings. Les inspections ont confirmé des pratiques abusives, jugées nuisibles à l’image des monuments historiques.
Les autorités appellent désormais les visiteurs à ignorer les rabatteurs ou les vendeurs de rue et à privilégier les étals autorisés à l’intérieur du sanctuaire, où les prix sont régulés. Objectif affiché : protéger les pèlerins comme les touristes, et restaurer l’ordre autour des sites les plus fréquentés de la capitale.



