
Chaque année, environ 120 touristes étrangers trouvent la mort dans des accidents de la route en Thaïlande. Rien qu’entre janvier et septembre 2026, 91 décès ont déjà été recensés, selon la Road Accident Victims Protection Company. Ces chiffres, publiés début octobre, relancent le débat sur la sécurité des visiteurs et sur la sévérité des sanctions contre les conducteurs ivres.
En 2025, le pays avait enregistré 116 morts et plus de 14 000 blessés parmi les voyageurs étrangers. La tendance reste stable : en moyenne, dix touristes perdent la vie chaque mois sur les routes thaïlandaises. Pour le Dr Thanapong Jinwong, directeur du Road Safety Academic Centre, ces drames passent trop souvent sous silence alors que le gouvernement vante la Thaïlande comme destination sûre.
Les motos de location sont au cœur du problème : 80 % des victimes circulaient sur deux‑roues, souvent sans expérience ni permis adapté.
Chaque année, environ 10 % des touristes étrangers tués sur les routes thaïlandaises sont des piétons. Un certain nombre d’entre eux trouvent la mort sur des passages pour piétons, faute de respect des règles par les conducteurs. La vitesse élevée et le non‑arrêt aux feux ou aux marquages aggravent le risque. Certaines zones isolées ne possèdent pas de marquage au sol.
L’alcool au volant est également pointé du doigt, même si les statistiques ne précisent pas combien de cas sont directement liés à l’ivresse.
Les étrangers portent en général davantage le casque que les Thaïlandais lorsqu’ils circulent en scooter, mais certains touristes s’en passent encore. Et même lorsqu’ils en portent un, ces casques de location sont souvent de qualité médiocre : ils n’offrent qu’une protection symbolique, surtout si les roues d’un camion roulent sur le victime.
La situation s’inscrit dans un contexte national alarmant. L’Organisation mondiale de la santé estime que 18 218 personnes sont mortes sur les routes thaïlandaises en 2021, soit près de 50 par jour. Le taux de mortalité routière atteint 25,4 pour 100 000 habitants, l’un des plus élevés d’Asie, avec les motards représentant plus de 80 % des victimes.
Face à ce constat, les militants réclament un durcissement des peines. Actuellement, un conducteur ivre responsable d’un décès risque 3 à 10 ans de prison et une amende pouvant atteindre 200 000 bahts. Mais les juges peuvent réduire ou suspendre la peine en cas de plaidoyer de culpabilité ou de compensation versée à la famille. Les campagnes en cours veulent relever la sanction à 7 à 15 ans de prison, afin de limiter les suspensions de peine et renforcer l’effet dissuasif.
Un sondage mené par DailyNews montre que 91 % des répondants soutiennent la prison ferme pour les conducteurs ivres impliqués dans des accidents mortels. Les militants prévoient de collecter 10 000 signatures en novembre pour appuyer une réforme législative.
La Thaïlande mise sur son initiative Trusted Thailand pour rassurer les visiteurs, mais son classement en matière de sécurité reste faible : 102e sur 119 pays selon le World Economic Forum. Pour les voyageurs, la prudence demeure essentielle. Les autorités britanniques rappellent que rouler sans permis valide peut annuler toute couverture d’assurance en cas d’accident.
Alors que le royaume cherche à relancer son tourisme, la sécurité routière apparaît comme un défi majeur, en particulier pour les piétons sans défense. Sans mesures plus strictes, les routes thaïlandaises risquent de continuer à coûter la vie à des dizaines de visiteurs chaque année.



