
Un vendeur d’opérateur mobile a été condamné à 20 ans de prison par le tribunal provincial de Fang (Chiang Mai) pour avoir organisé un stratagème visant à fournir des cartes SIM à des réseaux d’escrocs. Deux complices, des employées, ont écopé de 10 ans chacune après avoir plaidé coupable, tandis qu’une société a été condamnée à une amende de 500 000 bahts. La société impliquée dans l’affaire est la TNP Bet 789 Limited Partnership, une entreprise thaïlandaise spécialisée dans la vente d’équipements informatiques, de téléphones portables, de cartes SIM et d’accessoires.
Le jugement a été rendu le 5 octobre 2026 et annoncé par la police le 8 octobre.
Le groupe ciblait des écoles du district frontalier de Mae Ai, sous couvert de cours sur la sécurité en ligne et de distribution de SIM gratuites. Les élèves, âgés de 8 à 15 ans, étaient invités à scanner plusieurs fois leur carte d’identité et leur visage. Ces données servaient à enregistrer clandestinement des dizaines de cartes SIM, ensuite revendues à des escrocs. Les enquêteurs ont relié sept numéros issus de cette fraude à huit affaires d’arnaques en ligne, pour un préjudice dépassant 300 000 bahts.
L’affaire a éclaté en décembre 2025, lorsque la police a découvert que des numéros utilisés par des escrocs étaient enregistrés au nom d’enfants d’une même zone. Le 24 février 2026, des raids menés dans quatre provinces (Chiang Mai, Chiang Rai, Samut Prakan et Prachuap Khiri Khan) ont permis d’arrêter trois suspects et de saisir 2 160 cartes SIM, deux téléphones portables et divers documents.
Selon les enquêteurs, les suspects choisissaient volontairement des écoles isolées en montagne pour éviter les contrôles. Les enfants recevaient une seule carte SIM gratuite, tandis que les autres étaient détournées vers des réseaux criminels. Le vendeur, considéré comme l’instigateur, a nié les faits mais le tribunal l’a jugé responsable de la mise en place du système.
La police rappelle que l’utilisation frauduleuse de données personnelles pour ouvrir des lignes téléphoniques constitue une infraction grave, souvent liée à des escroqueries financières. Le centre anti‑cyberfraude (ACSC) insiste sur la vigilance des établissements scolaires et des familles face à ce type de stratagème.
Cette affaire illustre la sophistication croissante des réseaux de fraude en Thaïlande, capables d’exploiter la vulnérabilité des enfants pour alimenter leurs arnaques numériques. Les autorités promettent de renforcer les contrôles sur l’enregistrement des cartes SIM et d’intensifier les campagnes de sensibilisation dans les zones rurales.



