
L’enquête sur la fraude massive aux concours de recrutement de la fonction publique locale en Thaïlande progresse. Le 12 octobre, la Commission nationale anticorruption (NACC) a confirmé que le circuit financier mène jusqu’à deux anciens directeurs généraux du Département de l’administration locale : Phopchanok Chalanukroh et Theerut Supawibunphon. Pour l’heure, aucun lien direct n’a été établi avec des députés ou des ministres, mais les investigations se poursuivent. On peut cependant se demander si ces hauts fonctionnaires ne jouent pas aussi le rôle de fusible pour protéger des personnages encore plus importants.
200 à 300 suspects bientôt notifiés Dès début novembre, la NACC prévoit de notifier officiellement 200 à 300 personnes des accusations retenues. Ce premier lot concerne surtout des courtiers impliqués dans 110 réseaux. Les candidats soupçonnés d’avoir triché ne figurent pas encore dans cette vague. Au total, environ 6 000 individus sont concernés par l’affaire.
Procédure complexe et lente Trois suspects ont été libérés faute de dépôt de dossier dans les délais légaux, mais la NACC assure que cela ne les blanchit pas. L’opposition crie au scandale.
Les responsables expliquent que l’enquête couvre un champ trop vaste pour être bouclée rapidement : quatre groupes sont visés, des hauts responsables aux courtiers, en passant par les organisateurs et les candidats. La commission insiste sur la nécessité de ne pas « couper en tranches » le dossier simplement pour respecter les délais, au risque de laisser les principaux coupables hors de cause.
Des centaines de millions saisis Les autorités ont déjà gelé ou saisi des biens estimés à plusieurs centaines de millions de bahts. Elles s’apprêtent aussi à vérifier près de 800 000 copies d’examen, une opération qui doit débuter dans les dix prochains jours. Les enquêteurs travaillent avec la police et l’Office anti‑blanchiment pour retracer les flux financiers, y compris en crypto‑monnaie.
Pas d’ingérence politique, assure la NACC Face aux critiques sur une éventuelle influence du camp « bleu » (Bumjaithai) ou un risque d’étouffement, la NACC a nié toute interférence. Elle affirme que précipiter les poursuites serait dangereux et pourrait laisser de côté les « gros poissons ». Les responsables rappellent que les dossiers transmis par la commission aboutissent à des condamnations dans 90 % des cas.
Et après ? Les personnes notifiées auront entre 15 et 45 jours pour répondre aux accusations avant que les dossiers ne soient transmis au tribunal. La NACC promet une enquête « rigoureuse et crédible » afin de restaurer la confiance du public.
Avec déjà 40 % du travail accompli, l’affaire s’annonce comme l’un des plus grands scandales de corruption administrative en Thaïlande. Les prochains mois seront décisifs pour savoir si la justice parviendra à remonter jusqu’aux échelons politiques.



