
Bangkok, 2 juin 2026 – À l’approche de la Coupe du monde de football, la police thaïlandaise a annoncé avoir bloqué un nombre astronomique de sites de paris en ligne : 717 425 URL fermées entre octobre 2025 et mai 2026. Les plateformes visées incluent Facebook, Line et TikTok, où circulaient des contenus liés aux paris sportifs.
Le Technology Crime Suppression Centre a indiqué que 309 sites de paris ont été identifiés comme « cibles prioritaires » pour mai et juin. Des mandats d’arrêt ont été délivrés et certains suspects interpellés. Les autorités affirment utiliser désormais l’intelligence artificielle pour détecter plus rapidement les contenus liés au jeu et bloquer les réseaux. Les opérateurs, eux, se tournent vers des circuits financiers plus sophistiqués : comptes d’entreprise, PayPal, intermédiaires transfrontaliers et cryptomonnaies.
Le paradoxe thaïlandais
Cette répression massive intervient alors que la Thaïlande n’a toujours pas acquis les droits de diffusion du Mondial 2026. Un paradoxe qui fait grincer des dents : le pays bloque l’accès aux paris illégaux, mais ses citoyens ne savent pas encore s’ils pourront regarder légalement les matchs.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes évoquent déjà le recours aux VPN pour contourner les restrictions et accéder aux retransmissions étrangères. Une pratique qui, si elle se généralise, mettrait en lumière l’incapacité des autorités à offrir une solution officielle.
Une équation politique et sociale
Le gouvernement avait promis de trouver un accord pour les droits TV, mais les négociations traînent. En attendant, la police multiplie les annonces de blocages et de saisies, cherchant à montrer sa fermeté face aux réseaux de paris. Mais pour de nombreux Thaïlandais, l’urgence est ailleurs : pouvoir suivre la compétition sans passer par des moyens détournés.
À quelques jours du coup d’envoi, la situation illustre une double tension : réprimer le jeu illégal tout en laissant planer l’incertitude sur la diffusion officielle. Un paradoxe qui risque de nourrir frustrations et contournements numériques, alors que le football reste l’un des sports les plus populaires du royaume.
Le gouvernement semble engagé dans un bras de fer avec la FIFA, attendant une offre plus en phase avec la valeur réelle d’un produit dévalorisé par ses horaires de diffusion.. Qui cédera ?



