
Depuis plusieurs jours, les habitants de Krabi observent avec étonnement des avions militaires américains atterrissant et décollant à l’aéroport international, parfois des dizaines de fois par jour. C-130, Osprey ou encore hélicoptères Seahawk ont été filmés par des riverains, surpris de voir ces appareils circuler au milieu d’un aéroport civil. Les passagers, vêtus comme des militaires, empruntent un bâtiment séparé de celui des voyageurs ordinaires, alimentant les interrogations.
Sur les réseaux sociaux, les vidéos se multiplient et les spéculations vont bon train : s’agit-il de manœuvres liées aux tensions au Moyen-Orient, d’un projet de base américaine sur la côte d’Andaman, ou simplement de militaires en transit ? Les habitants dénoncent surtout l’absence totale d’explications. Les autorités locales et l’aéroport de Krabi n’ont fourni aucune information, invoquant la crainte de provoquer la panique.
Ce silence est jugé préoccupant par plusieurs observateurs. Le journaliste Pravit Rojanaphruk a vivement critiqué le gouvernement, estimant que “laisser des avions militaires américains opérer à Krabi sans explication revient à entraîner la Thaïlande dans un conflit”. Pour lui, même si ces vols n’ont rien d’illégal, l’exécutif doit clarifier la situation afin de préserver la neutralité affichée du pays.
La question est sensible : la Thaïlande se présente comme un État neutre face aux tensions entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Pourtant, l’autorisation donnée à des appareils militaires étrangers d’utiliser un aéroport civil soulève des interrogations sur la cohérence de cette position. Qui a donné le feu vert ? Pourquoi Krabi, et non une base militaire officielle ?
Les habitants, eux, s’inquiètent du bruit, des vols à basse altitude et de l’image d’une province transformée en zone militaire improvisée. L’absence de communication nourrit la méfiance et alimente les rumeurs.
Dans un contexte international tendu, l’affaire illustre la difficulté pour Bangkok de concilier ses alliances stratégiques avec les attentes de transparence de sa population. Pour Pravit et d’autres voix critiques, le gouvernement doit rapidement sortir de son mutisme.
Finalement, l’armée thaïlandaise a communiqué à minima pour expliquer que l’arrivée et le départ des avions de chasse américains de l’aéroport de Krabi n’étaient pas liés à des combats, mais à des rotations de troupes et au transport de personnel médical sans que l’on comprenne pourquoi il y a tant de vols.



